Société

Ramadan au goût de douleur…Le spectre du suicide plane sur la jeunesse algérienne à cause de la pauvreté et de la faim

Alors que les familles et les foyers se préparaient à accueillir les bénédictions des dix derniers jours du mois béni de Ramadan dans la spiritualité et la sérénité, la Wilaya de Tiaret a été secouée par une tragédie qui a ébranlé les fondations de la société, provoquant beaucoup d’encre et de larmes dans un spectacle qu’on ne peut décrire que comme cauchemardesque : un élève âgé de seulement 14 ans a mis fin à ses jours de manière dramatique à l’intérieur même de son école, sous les yeux stupéfaits de ses camarades et de ses enseignants.

Cet enfant, qui était censé rêver d’un avenir radieux, a choisi de boire de l’acide nitrique, cette substance corrosive qui n’était pas plus douloureuse pour lui que la réalité de la faim et de la pauvreté qu’il vivait. C’est un message cruel écrit avec la souffrance d’un élève qui a préféré le départ éternel plutôt que de rester dans un environnement broyé par l’injustice et la misère. L’incident de Tiaret n’était pas isolé ; il s’est ajouté à une série de drames similaires enregistrés dans différentes Wilayas au cours des premiers jours du mois sacré. Des jeunes au seuil de la vie décident de sang-froid de mettre fin à leurs jours pour fuir l’impasse et l’absence d’espoir sous l’oppression militaire.

Les rapports successifs indiquent que le phénomène du suicide dans notre pays malchanceux n’est plus une simple série d’incidents isolés, mais s’est transformé en un « cri silencieux de protestation » contre une réalité sociale et économique amère. Entre l’inflation exorbitante du coût de la vie, le chômage massif, la corruption, la prostitution et le sentiment d’exclusion, le citoyen se retrouve coincé entre deux choix tout aussi douloureux : le suicide intérieur par la résignation au désespoir, ou le suicide physique ; ou encore le suicide maritime en embarquant sur les « barques de la mort » (el-harraga).

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La fuite de « l’enfer de la bande » ne se limite plus à la terre ferme, elle s’étend désormais en jetant des milliers de citoyens et de citoyennes dans les profondeurs de la mer. Pendant que les réseaux sociaux regorgent d’images de suicides, les nouvelles des harragas continuent d’affluer : des jeunes laissent derrière eux leurs familles et leur patrie dans l’espoir d’atteindre l’autre rive et d’échapper à l’oppression et à l’humiliation. Des observateurs estiment que ce phénomène reflète un véritable « divorce » entre une large frange de la jeunesse et le régime affaibli de Tebboune. Parler de « l’enfer des généraux » – comme le décrivent les indignés dans la rue – n’est pas un simple slogan, mais l’incarnation de la frustration face à des politiques que les citoyens perçoivent comme dépourvues de justice sociale, gaspillant les richesses du pays tandis que le simple citoyen se contente des miettes.

Le suicide d’un enfant à l’âge des fleurs dans son école, devant ses camarades, constitue un indicateur extrêmement alarmant de l’effondrement du système de protection et de cohésion sociale. L’école, qui devrait être un refuge d’espoir, s’est transformée en un instant en scène de mort. Ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays dépasse de loin de simples incidents isolés : c’est une véritable hémorragie nationale qui exige une prise de conscience réelle avant que la mer ou les acides corrosifs n’engloutissent ce qui reste de la « génération des misérables ».

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