Politique

La grève de la faim en Tunisie : un journaliste proteste contre son emprisonnement ; son état de santé se détériore

Le journaliste franco-tunisien Mourad Zghidi a déclaré : « L’État a utilisé des armes de destruction massive contre nous pour nous éliminer et nous anéantir moralement, matériellement et intellectuellement. Ce qui s’est passé est une injustice et un scandale, sur les plans juridique, procédural et politique ». Derrière les barreaux d’une prison tunisienne, le journaliste franco-tunisien Mourad Zghidi est confronté à un état de santé critique après avoir entamé une grève de la faim. Cette situation a suscité l’inquiétude de sa famille et de ses soutiens et a mobilisé les plateformes de défense des droits humains face à un climat que les militants qualifient d’« étouffement de la liberté de la presse ».

Les avocates de Zghidi, Louise Yafi et Inès Daffou, ont averti lundi que l’état de santé de leur client était « extrêmement préoccupant » depuis le début de sa grève de la faim, affirmant que son emprisonnement était « dû » à sa profession de journaliste. Les deux avocats ont déclaré que la grève de la faim de Zghidi « témoigne de l’impasse dans laquelle il se trouve » et vise à « dénoncer plus de deux ans de privation de liberté en raison de son travail journalistique ». Un tribunal tunisien a condamné les journalistes de renom Mourad Zghidi et Borhane Bsaies à trois ans et demi de prison à la mi-mai. Zghidi et Bsaies ont été arrêtés et emprisonnés en 2024 suite à des déclarations à la radio et à la télévision jugées critiques envers le président Kaïs Saïed.

Zghidi, depuis sa cellule : « Je respirerai la liberté, aussi épais que soient les barreaux de ma prison ». Dans une lettre envoyée de la prison de Mornaguia, Zghidi a affirmé que « ce qui arrive aujourd’hui aux journalistes en Tunisie est une campagne systématique visant à étouffer les voix libres et indépendantes, une campagne qui a dépassé toute raison », se considérant comme « victime de forces obscures cherchant à étouffer toute velléité démocratique dans le pays ».

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