Politique

Scoop : Ainsi l’Algérie s’est-elle emparée du trône de l’État des drogues

Du cœur de l’Algérie et en partant de la région de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel, le trafic de drogue n’est plus une simple activité d’organisations criminelles isolées, mais s’est transformé en une économie politique parallèle dans laquelle de hauts dirigeants militaires jouent des rôles centraux, allant de la fourniture de protection à la gestion directe des lignes d’approvisionnement. L’Algérie représente le modèle le plus clair au monde de ce qu’on appelle un Narco-State (État narcotique). Les rapports d’enquête actualisés jusqu’en 2025 et 2026 indiquent que l’armée algérienne reste la colonne vertébrale assurant l’arrivée des cargaisons de cocaïne en provenance d’Amérique latine vers l’Europe.

Les dirigeants militaires exploitent le désert inhabité de Tindouf et les frontières de l’Algérie avec la Mauritanie et le Mali pour décharger les cargaisons loin des regards de la surveillance internationale. Des généraux sont impliqués dans l’appropriation des revenus du trafic de drogue afin de financer leur influence politique et militaire à l’intérieur de l’Algérie. Et ce n’est pas tout : le centre de gravité de l’activité s’est récemment déplacé des côtes vers les profondeurs du désert (Mali, Niger et Tchad). Le trafic ne se limite plus à la cocaïne, mais inclut désormais les pilules de tramadol et les substances psychotropes synthétiques. Le double jeu des généraux algériens consiste à utiliser la guerre contre le terrorisme comme couverture : des zones entières sont vidées sous prétexte d’opérations militaires pour faciliter le passage des cargaisons de drogue appartenant à leurs partenaires.

Avec le renforcement des contrôles sur les ports traditionnels, les ports d’Oran et d’Alger sont devenus les principaux canaux de transit, où il est difficile de porter des accusations directes contre des dirigeants militaires dans un pays comme l’Algérie, qui souffre de fragilité institutionnelle… En plus des drogues, il y a le blanchiment d’argent : les profits du trafic sont convertis en investissements immobiliers et en sociétés de sécurité privées gérées par les proches de ces généraux en France et en Espagne. Il est devenu difficile de distinguer entre les groupes armés extrémistes et les unités militaires hors contrôle, car les deux parties partagent la protection des lignes de trafic. Ainsi, l’implication des généraux algériens dans le trafic de drogue ne menace pas seulement la santé publique, mais sape toute tentative de transition démocratique en Afrique, car l’arme devient un outil pour protéger la richesse illicite plutôt que pour défendre la patrie.

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