Reuters a révélé mardi que l’Éthiopie abrite un camp d’entraînement secret pour des milliers de combattants des Forces de soutien rapide soudanaises (FSR), première preuve directe de l’implication d’Addis-Abeba dans la guerre civile soudanaise. Selon des sources citées par Reuters, les Émirats arabes unis ont financé la construction du camp et fourni des instructeurs militaires ainsi qu’un soutien logistique. Ces informations figuraient également dans une note interne des services de sécurité éthiopiens et dans un câble diplomatique consulté par Reuters, parallèlement, les États arabes ont condamné les attaques visant un convoi humanitaire, des personnes déplacées et un hôpital dans les États du Kordofan du Nord et du Sud, au Soudan du Sud, et ont appelé à la fin du conflit qui ravage le pays depuis 2023.
Les autorités soudanaises et un réseau de la société civile ont accusé les FSR d’être responsables de ces attaques. La délégation de l’Union européenne au Soudan a déclaré dimanche que les attaques des Forces de soutien rapide (FSR) contre un convoi humanitaire, un bus transportant des personnes déplacées et l’hôpital Al-Kuweik, dans la région du Kordofan, ne resteraient pas impunies et que les responsables seraient traduits en justice au niveau international. Alors que les combats se poursuivent et que la situation humanitaire s’aggrave, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a affirmé que les atrocités commises à El Fasher, au Soudan, étaient entièrement imputables aux FSR, à leurs alliés et à leurs soutiens. Il a souligné que les FSR et les milices alliées avaient systématiquement utilisé la violence sexuelle comme arme à El Fasher.
Depuis Addis-Abeba, Mohammed Al-Arusi, député au Parlement fédéral éthiopien, a démenti toute implication de l’Éthiopie dans le conflit soudanais, qualifiant ces accusations de simples manœuvres orchestrées par des agences de presse aux motivations douteuses, dans une interview accordée à Al-Araby TV, il a déclaré que ce rapport ne méritait même pas de réponse, car il s’appuyait sur des sources fictives ou anonymes et était présenté avec des précautions diplomatiques dans le but d’influencer l’opinion internationale et les pays cherchant à entraver l’Éthiopie.