Les petites et moyennes entreprises (PME) gagnent progressivement du terrain dans la finance numérique et s’imposent rapidement comme le pilier de la croissance économique. Cependant, les analystes du secteur indiquent que, malgré ces perspectives positives, la maîtrise des risques demeure un défi persistant. Selon EIRS, experts en gestion des risques, cette lacune pourrait freiner l’inclusion financière, pourtant essentielle pour dynamiser ces importants moteurs de création d’emplois et d’innovation en Afrique et au Moyen-Orient. Les PME représentent une très large majorité des entreprises au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (environ 96 % des entreprises enregistrées et près de la moitié des emplois), et pourtant, elles ne reçoivent que 7 % du total des prêts bancaires, un taux parmi les plus bas au monde.
En Afrique subsaharienne, les PME souffrent souvent d’un manque criant de capitaux, nombre d’entre elles signalant un accès limité aux prêts ou aux lignes de crédit et subissant des coûts d’emprunt élevés, bien supérieurs à ceux des marchés plus développés. La révolution de la finance numérique, portée par le paiement mobile, le prêt en ligne et les services financiers intégrés, a ouvert de nouvelles perspectives d’inclusion. Les solutions numériques adaptées aux PME connaissent une croissance rapide, l’adoption des technologies financières (Fintech) progressant dans toute la région. Les plateformes numériques de facturation commerciale ont enregistré une forte croissance en 2024, cependant, l’accès ne représente qu’une partie de la solution.
« Nous constatons que les PME peuvent accéder aux solutions de financement numérique, mais que beaucoup peinent encore à les utiliser efficacement. La maîtrise des risques, la compréhension du crédit, de l’assurance, des flux de trésorerie et des mécanismes de financement numérique constituent le chaînon manquant entre l’accès et une croissance durable », a souligné Abhishek Jain, directeur général d’EIRS. Ce fossé a un impact concret sur les entreprises. Si l’adoption des paiements numériques est élevée sur certains marchés (par exemple, 91 % des PME kényanes utilisent désormais ce type de paiement), beaucoup n’ont toujours pas les compétences financières et la capacité d’analyse des risques nécessaires pour tirer parti de cet accès et obtenir une meilleure solvabilité, des prêts évolutifs ou une couverture d’assurance adéquate.