L’Assemblée législative de transition du Burkina Faso a adopté la « Charte de la Révolution », qui redéfinit les règles de gouvernance du pays, dans le but de remodeler le cadre politique et institutionnel de l’État durant la phase actuelle. Cette charte s’inscrit dans une démarche officielle visant à permettre au pays de se libérer de ce que les autorités qualifient de « modèles politiques impérialistes et néocoloniaux », tout en consolidant les concepts de souveraineté nationale et d’indépendance politique. Selon le rapporteur de la Commission des affaires institutionnelles et des droits de l’homme, ce nouveau document vise à réaffirmer le cadre institutionnel stipulé dans la « Charte de la période de transition », tout en introduisant des amendements fondamentaux qui reflètent les priorités de la phase actuelle, notamment le renforcement des valeurs de défense nationale, l’élargissement de la participation populaire à la gestion des affaires publiques et l’inscription du principe de souveraineté nationale dans les différentes institutions de l’État.
La « Charte de la Révolution » a été approuvée à l’unanimité par les soixante-dix membres de l’Assemblée législative de transition présents, témoignant d’un consensus politique au sein de cette institution quant à son contenu. Parmi les dispositions les plus importantes de la Charte figurent celles relatives à l’avenir politique du président du pays, le capitaine Ibrahim Traoré. L’article 4 stipule le droit du président du Burkina Faso de se présenter aux élections présidentielles, législatives et municipales qui se tiendront pour conclure ce que le document qualifie de « révolution », sans toutefois préciser de calendrier pour ces élections. Le document comprend également une redéfinition de plusieurs termes relatifs à la structure des institutions étatiques, dans le cadre de ses efforts pour instaurer une nouvelle phase de gouvernance.
Concernant le pouvoir exécutif, il préconise l’adoption du terme « gouvernement » au lieu de « gouvernement de transition », tandis qu’au niveau législatif, l’appellation « Assemblée législative de transition » est remplacée par « Assemblée législative du peuple ». Concernant la composition de l’organe législatif, le document prévoit la redistribution des soixante-dix sièges de l’« Assemblée législative du peuple » entre de nouveaux représentants, suite à la dissolution des partis et mouvements politiques.