Dans une décision qualifiée d’historique, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution qualifiant l’esclavage et la traite transatlantique d’« odieux crime contre l’humanité », malgré les abstentions de l’Union européenne et du Royaume-Uni. La résolution, présentée par le Ghana, appelle à des mesures de justice réparatrice, notamment des excuses, la restitution des biens culturels et l’examen de la possibilité de réparations. La résolution a été soutenue par 123 pays, contre seulement trois (les États-Unis, Israël et l’Argentine), et 52 se sont abstenus, dont tous les États membres de l’UE et le Royaume-Uni.
La résolution de l’ONU sur l’esclavage relance le débat sur la responsabilité des pays européens qui ont joué un rôle majeur dans la traite transatlantique, compte tenu des conséquences persistantes de l’esclavage que les pays africains subissent encore aujourd’hui. Si l’Union européenne et le Royaume-Uni reconnaissent et condamnent l’histoire de l’esclavage, ils ont choisi de s’abstenir lors du vote d’une résolution appelant à en assumer les conséquences historiques, notamment les réparations. Le débat actuel dépasse la simple condamnation de l’esclavage comme crime historique ; il englobe la compréhension de l’ampleur du phénomène et de ses répercussions persistantes. Le vote de l’ONU a ravivé l’attention portée à l’histoire de la traite négrière et a remis la question de la justice au cœur des enjeux liés à l’héritage de l’esclavage.
La traite transatlantique a duré plus de quatre siècles, du XVe au XIXe siècle. Elle fut l’un des systèmes d’exploitation les plus longs et les plus répandus de l’histoire. Durant cette période, plus de 15 millions d’Africains furent transportés de force vers les Amériques pour travailler dans des plantations de coton, de sucre et de café, dans des conditions extrêmement difficiles, selon les estimations des historiens et des organisations internationales. La traite négrière constituait un système économique mondial fondé sur la transformation d’êtres humains en biens pouvant être achetés, vendus et transmis par héritage. Des enfants naissaient esclaves et leur valeur économique était déterminée comme celle de marchandises.