Après la chute de tous les alliés de l’Algérie en Syrie, au Venezuela et en Iran, ces événements rapprochent la fin du régime des généraux. La « Décennie noire » réapparaît alors comme la carte Joker que sortent les généraux pour stopper l’effondrement et empêcher les Algériens de descendre dans la rue. La Décennie noire est devenue en Algérie un épouvantail que beaucoup invoquent après chaque incident horrible qui se produit dans le pays. Le livre La Sale Guerre de l’officier des forces spéciales algériennes Habib Souaïdia est devenu une référence que l’on cite pour démontrer que le régime du général Chengriha se trouve derrière ces incidents.
Tout en reconnaissant que le régime de Chengriha porte la responsabilité des massacres collectifs, des incendies de mosquées, des exécutions extrajudiciaires et des disparitions forcées depuis la Décennie noire jusqu’à aujourd’hui, il est inexact de comparer la situation actuelle à celle des années 1990. Cette comparaison saute par-dessus les faits et les événements que le propre Habib Souaïdia a rapportés dans son livre, et que des témoins directs du déroulement des faits, comme les dirigeants jihadistes Atiyah Allah al-Libi et Assem Abi Hayan, ont expliqués en détail. Le tableau de la Décennie noire est en effet très éloigné de la situation actuelle, depuis le coup d’État du général Chengriha contre son bienfaiteur, le général Gaïd Salah, jusqu’à aujourd’hui.
Le peuple a opté pour une opposition pacifique au coup d’État, aujourd’hui, il ne s’est pas formé en Algérie de groupes jihadistes comptant des milliers d’éléments, et le régime de Chengriha ne subit pas de pertes humaines importantes de manière quotidienne, malgré qu’il ait commencé son règne par des massacres sanglants contre ceux qui refusaient le coup d’État contre Gaïd Salah. C’est pourquoi rien ne pousse aujourd’hui le régime à se draper derrière des groupes fictifs. Au contraire, ces incidents horribles, tels que les incendies de forêts et les enlèvements de citoyens, nuisent à son image et le font apparaître comme incapable de protéger les citoyens.
Ainsi, le maintien du régime du général Chengriha au pouvoir et la poursuite de ses pratiques répressives — tuer des innocents, torturer et emprisonner des citoyens — constituent le facteur principal qui engendre les idées d’extrémisme. Le régime ne parviendra pas à les démanteler en niant leur existence, enfin, des documents des services de renseignement de notre pays ont révélé l’existence de dizaines d’officiers des services de renseignements opérant à l’intérieur des groupes terroristes dans tous les pays d’Afrique, au sein de cercles qui leur permettent de collecter des informations et de prendre des décisions. Cela implique directement les services de renseignement algériens dans toutes les actions terroristes en Afrique.