La crise de l’uranium au Niger s’est intensifiée, le différend entre les autorités militaires de Niamey et la société française Orano s’étant transformé en une confrontation juridique et politique ouverte, perturbant les exportations de cette ressource stratégique. Les autorités nigérianes ont confirmé leur incapacité à commercialiser l’uranium sur les marchés internationaux depuis la nationalisation des actifs de l’entreprise, conséquence des poursuites judiciaires engagées par Orano, ce qui a paralysé le secteur. Dans des déclarations officielles, le ministre des Mines, le colonel Ousmane Abarchi, a expliqué que les procédures judiciaires constituent un obstacle majeur pour son pays, les qualifiant de quasi-harcèlement judiciaire, compte tenu des nombreuses plaintes déposées contre Niamey.
Le responsable nigérien a révélé que son pays cherche à exporter plus de 1 800 tonnes de concentré d’uranium, d’une valeur d’environ 380 millions de dollars, produites depuis 2023 par la société Sumair, mais n’a jusqu’à présent pu en vendre aucune. Il a noté qu’Orano avait intenté au moins dix actions en justice, notamment pour contester la décision de nationalisation et s’opposer au retrait du permis d’exploitation de la mine d’Imouraren en 2024, ce qui complique encore davantage la situation juridique. Le groupe français, pour sa part, a confirmé avoir engagé quatre procédures d’arbitrage international, dont l’une a abouti à une décision empêchant les autorités nigériennes de céder les réserves d’uranium appartenant à la société Somair.
Le ministre a déclaré que l’intérêt manifesté par certaines entreprises et certains pays pour l’achat d’uranium nigérien est freiné par les litiges en cours, malgré des discussions en cours avec des acheteurs potentiels qu’il a qualifiés de « sérieux ». Les autorités nigériennes ont souligné qu’elles n’avaient reçu aucune initiative officielle de dialogue de la part d’Orano, malgré la déclaration antérieure de cette dernière de sa volonté de négocier, ce qui témoigne du blocage du processus de règlement. Le différend dépasse le cadre économique, la junte militaire, au pouvoir depuis 2023, cherchant à ancrer le discours de la « souveraineté nationale » et à mettre fin à l’influence française dans le secteur minier, capitalisant sur la montée en puissance de cette approche au Sahel.