Au moins neuf personnes sont mortes et 45 autres sont portées disparues après le naufrage d’une embarcation transportant plus de 300 migrants et réfugiés au large des côtes de Djibouti, a annoncé l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les garde-côtes djiboutiens ont indiqué jeudi avoir lancé une opération d’urgence après le naufrage de l’embarcation, une galba traditionnelle avec 320 personnes à bord, près de Guéhéré, dans le nord du pays. Les équipes de secours ont rapidement reçu des renforts, notamment des plongeurs du département de recherche et de sauvetage des garde-côtes, permettant de secourir 266 rescapés.
L’OIM a précisé que toutes les personnes secourues étaient de nationalité éthiopienne et bénéficiaient d’un soutien au Centre de réponse aux migrants de la ville voisine d’Obock. Les recherches se poursuivaient, a déclaré un responsable des garde-côtes. « Ce naufrage tragique risque malheureusement d’être le premier d’une longue série cette année », a déclaré Tanja Pacifico, chef de mission de l’OIM à Djibouti. « Cet incident survient au début de la saison chaude à Djibouti, avec une mer plus agitée et des vents violents qui exposent les migrants à des risques encore plus importants », a-t-elle ajouté. Une enquête judiciaire sur les circonstances du naufrage a été ouverte par la Brigade de recherche, d’enquête et des affaires judiciaires des garde-côtes djiboutiens.
L’embarcation tentait l’une des traversées migratoires les plus périlleuses au monde, le détroit de Bab el-Mandeb, où Djibouti et le Yémen ne sont séparés que par 20 kilomètres d’eau à leur point le plus étroit. Chaque année, des dizaines de milliers de personnes originaires de la Corne de l’Afrique tentent de traverser ce court passage maritime pour rejoindre les pays du Golfe. Ceux qui survivent à la traversée doivent ensuite entreprendre un périple terrestre exténuant et dangereux à travers le Yémen ravagé par la guerre, avant de tenter de rejoindre l’Arabie saoudite par sa frontière sud. Nombreux sont ceux qui n’achèvent jamais leur périple. Selon l’OIM, les migrants empruntant cette route dite de l’Est sont souvent victimes d’arrestations arbitraires, de traite, de violences et de détentions à chaque étape de leur voyage.