Politique

Tensions et violences anti-nigérianes en Afrique du Sud

Kogombo, anciennement East London, ville côtière de l’océan Indien au sud-est de l’Afrique du Sud, a été le théâtre de manifestations qui ont dégénéré en violences, alimentées par la montée des tensions liées à une rhétorique anti-immigrés, notamment dirigée contre la communauté nigériane. Les manifestations ont éclaté après la nomination d’un homme d’origine nigériane comme chef traditionnel de la tribu Igbo lors d’une cérémonie début mars, provoquant l’indignation de certains habitants. Plusieurs organisations et partis politiques ont exploité cette colère populaire, condamnant cette nomination comme une atteinte aux structures traditionnelles locales, dans un contexte de débat croissant sur l’immigration irrégulière.

La diffusion sur les réseaux sociaux d’images montrant un membre de la communauté nigériane recevant le titre d’« Igwe » lors d’une cérémonie officielle a exacerbé les tensions. En revanche, l’Association sud-africaine pour la défense de la culture igbo a expliqué que ce titre est décerné à titre d’hommage symbolique aux personnalités éminentes de la communauté, en reconnaissance de leur engagement à préserver les traditions et à servir la communauté. Bien que la loi sud-africaine reconnaisse les chefs traditionnels, cette mesure a suscité une vive opposition, certains y voyant une insulte aux chefs locaux, notamment compte tenu de la montée de la xénophobie dans le pays.

Les manifestations ont débuté par une marche pacifique lundi, avant de dégénérer en violences après qu’un participant a affirmé avoir été poignardé dans le dos, une allégation que la police n’a pas encore confirmée. Selon les forces de sécurité, les troubles ont dégénéré en attaques contre des commerces et en incendie d’au moins dix véhicules. La police est intervenue pour disperser les manifestants à l’aide de balles en caoutchouc afin de maîtriser la situation et d’éviter de nouvelles violences. Par ailleurs, le vice-ministre des Affaires traditionnelles a annoncé qu’une réunion est prévue le 8 avril avec des représentants de l’ambassade du Nigéria, afin de clarifier les circonstances de l’incident et d’apaiser les tensions.

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