L’Afrique du Sud se prépare à ses prochaines élections municipales dans un contexte de forte hausse du nombre de candidatures, alors même que la confiance des électeurs envers les partis politiques représente un défi majeur pour le processus démocratique. Le directeur général des élections, Si Mamabolo, a annoncé que la commission électorale s’attend à recevoir plus de 100 000 candidatures pour plus de 4 468 circonscriptions à travers le pays, contre environ 95 000 candidatures lors des élections de 2021. La période de dépôt des candidatures devrait être clôturée fin juillet.
Face à ce nombre élevé de candidatures, la commission électorale a exhorté tous les candidats, indépendants ou affiliés à un parti, à préparer leurs dossiers et à respecter les délais légaux. L’inscription sur les listes électorales sera ouverte les 20 et 21 juin, la date limite pour le dépôt des garanties financières étant fixée au 8 mai. Les autorités s’emploient également à améliorer les aspects techniques du processus électoral. Un parc de 40 000 machines d’inscription électorale est en cours de maintenance et de test, suite à la résolution des problèmes techniques qui ont affecté les élections générales de 2024. Des auditeurs indépendants sont également mandatés pour garantir l’efficacité des systèmes.
Malgré ces préparatifs, les indicateurs d’opinion publique révèlent d’importantes difficultés. Une étude Ipsos a montré que 47 % des citoyens ne se sentent représentés par aucun parti politique, malgré l’existence de plus de 500 partis enregistrés auprès de la commission électorale. Par ailleurs, si environ 61 % des électeurs se sont déclarés prêts à participer aux élections, seuls 38 % estiment que les municipalités remplissent correctement leurs fonctions. Cela met en évidence un décalage entre la participation politique et le niveau de confiance envers les institutions locales. D’autres données indiquent qu’environ 49 % seulement des électeurs inscrits ont l’intention de voter, confirmant ainsi la baisse de la participation, passée de 58 % en 2016 à 46 % lors des élections de 2021.