Politique

Le projet d’annulation des élections présidentielles suscite de profondes divisions au Zimbabwe

L’opposition zimbabwéenne s’inquiète de plus en plus de la tentative du parti au pouvoir, la ZANU-PF, de reprendre le pouvoir. Ce dernier poursuit en effet un projet de réforme constitutionnelle visant à conférer au Parlement – et non plus aux électeurs – le pouvoir d’élire le président et à allonger le mandat présidentiel de cinq à sept ans. « C’est un coup d’État, un coup d’État au ralenti qui se trame au Zimbabwe », a déclaré Tendai Biti, figure historique de l’opposition et ancien ministre des Finances. La ZANU-PF, au pouvoir depuis l’indépendance en 1980, défend fermement les changements proposés.

« Rien ne nous empêche de changer, d’adopter un système moins coûteux et moins controversé », a affirmé le porte-parole du parti, Patrick Chinamasa. Ces divergences d’opinions soulignent la forte polarisation engendrée par ce projet de loi – qui vise à modifier la Constitution – et qui a opposé les partisans de la ZANU-PF à l’opposition. Cela est apparu clairement lors des récentes auditions publiques organisées par le Parlement pour permettre au public d’exprimer son avis sur les amendements proposés. Ces amendements permettraient au président Emmerson Mnangagwa, dont le second et dernier mandat s’achève en 2028, de rester en fonction jusqu’en 2030, date à laquelle un nouveau Parlement élirait le prochain président.

Mnangagwa est arrivé au pouvoir en 2017 après la destitution, par l’armée, du président Robert Mugabe, au pouvoir depuis de nombreuses années. Il a remporté les élections controversées de 2018 et 2023. Le Parlement devrait adopter le projet de loi dans les prochaines semaines, couronnant ainsi une campagne lancée en 2024 sous le slogan « 2030 – Il restera le dirigeant ». Les partisans du président, âgé de 83 ans, affirment que cette réforme politique renforcera la démocratie et mettra fin à ce qu’ils considèrent comme des campagnes présidentielles toxiques, souvent marquées par la violence et des résultats contestés, pour les détracteurs, ce projet de loi représente un pas vers la restauration de la « présidence impériale » qu’ils ont combattue durant les 37 années de règne de Mugabe.

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