Politique

Cameroun : L’opposition rejette les « manœuvres antidémocratiques »

La scène politique camerounaise est le théâtre de tensions et de controverses croissantes suite à l’adoption d’amendements constitutionnels et législatifs qui ont suscité de vives protestations de la part des partis d’opposition. Ces derniers dénoncent une régression pour la démocratie dans le pays. Après l’amendement constitutionnel adopté samedi dernier, créant le poste de vice-président, le Sénat a approuvé une nouvelle loi électorale mardi 7 avril. Parmi ces amendements, le plus important est la suppression de la limite de 18 mois imposée aux conseillers municipaux, leur permettant de prolonger leur mandat indéfiniment par décret présidentiel. Les élections législatives ont également été reportées à 2027, exacerbant les critiques à l’encontre du gouvernement.

Face à cette situation, plusieurs figures de l’opposition ont durci le ton. L’ancien ministre et candidat à la présidentielle, Issa Tchiroma Bakary, a publié un message sur sa page Facebook à l’attention de la diaspora camerounaise, les exhortant à « s’unir et à œuvrer ensemble ». Il a critiqué ce qu’il a qualifié de « manœuvres antidémocratiques » et d’« amendements constitutionnels destinés à apaiser » le président Paul Biya. Parallèlement, Maurice Kamto, chef du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), principal parti d’opposition, a lancé une pétition en ligne appelant les citoyens à s’opposer à ce qu’il a décrit comme « un coup d’État constitutionnel et institutionnel en cours dans le pays ». Cette initiative témoigne de la montée de l’opposition politique, malgré les vives critiques formulées par le camp présidentiel à l’encontre de ces actions.

À l’inverse, les partisans du gouvernement ont défendu les nouveaux amendements. Patrick Revoy, porte-parole du Mouvement démocratique populaire camerounais (MDP), a affirmé que les détracteurs de la création du poste de vice-président sont « soit des partisans d’un gouvernement impuissant et limité à la rhétorique, soit des pessimistes ». Il a souligné que ces modifications s’inscrivent dans le cadre de la mise en place d’un système de succession constitutionnel clair, permettant au vice-président d’achever le mandat présidentiel en cas de vacance. Il a souligné que ce modèle n’est pas nouveau, rappelant que le président actuel est arrivé au pouvoir en tant que successeur constitutionnel de l’ancien président Ahmadou Ahidjo, et que la réforme constitutionnelle ramène le pays à un système ayant existé entre 1978 et 1982.

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