Politique

La décision de dissoudre le Parlement avant l’élection présidentielle a suscité l’inquiétude au sein de l’opposition zambienne

La dissolution du Parlement zambien, intervenue le vendredi 15 mai, moins de trois mois avant l’élection présidentielle prévue le 13 août, a provoqué une vive inquiétude au sein de l’opposition et des organisations de la société civile. Ces dernières jugent cette mesure surprenante et exigent des éclaircissements quant à ses motivations et son calendrier. Cette situation fait suite à la clôture controversée de la dernière session parlementaire, marquée par l’adoption de 73 lois en une seule semaine – une rapidité et un volume législatif sans précédent, selon les militants et les observateurs. Ces lois couvrent des domaines sensibles tels que la cybersécurité, la réglementation des rassemblements publics et les mécanismes de surveillance, incitant les organisations de défense des droits humains et de la société civile à alerter sur le risque qu’elles représentent pour les libertés civiles et la liberté d’expression.

Austin Kayanda, directeur du South African Media Institute, s’est dit surpris par la rapidité avec laquelle ces lois ont été adoptées. Dans une interview, il a déclaré que les motivations de l’adoption d’un si grand nombre de lois en si peu de temps restent obscures, d’autant plus que le Parlement disposait de cinq années complètes pour les examiner et les finaliser de manière plus progressive et approfondie. Il a ajouté que les organisations de la société civile avaient exprimé de vives inquiétudes quant à certaines de ces lois depuis le début de la session parlementaire, mais qu’elles avaient reçu l’assurance qu’elles ne seraient pas réintroduites de cette manière, avant d’être effectivement réintroduites et rapidement adoptées par le Parlement. Dans les milieux politiques et civiques, les questions se multiplient quant aux raisons de ce calendrier précis, notamment à l’approche des élections, et quant à l’existence de considérations politiques derrière l’adoption précipitée de ces lois.

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Kayanda estime que les citoyens zambiens auraient dû disposer de plus de temps pour examiner, débattre et donner leur avis sur ces lois avant leur promulgation. La loi sur les rassemblements publics est considérée comme l’une des plus controversées du récent ensemble de mesures législatives, ses détracteurs arguant qu’elle rétablit d’anciennes restrictions aux libertés publiques.

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