Société

Le pire des malheurs est celui qui vous fait rire au pays des généraux

Dans une scène tragi-comique qui incarne le sommet du mépris envers les souffrances d’un peuple floué, le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Ait Mesâoudane, est sorti du cœur de l’établissement hospitalier public Djilali Belkhenchir aux Abiars pour inaugurer des unités spécialisées dans la prise en charge de l’obésité et du surpoids. Oui, vous avez bien lu. Au moment où le simple citoyen court après une bouchée de pain ou une pomme de terre, le gouvernement du président « élu » par fraude, Tebboune, a décidé que l’obésité et le surpoids constituent le problème national qui mérite l’alerte générale et l’inquiétude pour un peuple affamé.

Par une ironie du sort, cette inauguration intervient dans un contexte de pénurie aiguë que le pays n’a pas connue depuis des décennies. Alors que le pouvoir est incapable de fournir du blé, des légumes et de la viande – devenus un rêve lointain pour le simple citoyen –, le ministère de la Santé se vante de mettre à disposition des lits et des appareils pour aspirer la graisse et traiter la surcharge et l’obésité. Les Algériens souffrent-ils vraiment d’une suralimentation et d’une abondance de nourriture ? Ou bien le pouvoir vit-il dans une tour d’ivoire qui ne sent même pas l’odeur des files d’attente qui s’étendent sur des centaines de mètres à la recherche des produits de première nécessité ?

Cette inauguration n’est pas un simple acte médical, mais bien une insulte protocolaire adressée à des millions de familles qui ont oublié le goût des protéines et dont les enfants ont perdu les vitamines essentielles à cause d’une politique de famine organisée, de l’échec du système économique et de la gestion catastrophique du pays. La question que pose la rue avec amertume est la suivante : qui, parmi nous, pourrait bénéficier de ces unités, alors que notre ventre colle à notre dos ? La réponse ne nécessite aucune finesse politique : le peuple dont les os ont été rongés par la pénurie et la vie chère ne souffre pas d’obésité ni de surpoids, mais bien de maigreur, d’anémie et de carence en calcium.

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Ces unités sont taillées sur mesure pour la classe des généraux, leurs enfants et leur entourage – ceux-là mêmes qui ont pillé les richesses du pays et épuisé ses ressources jusqu’à en attraper une indigestion d’argent illicite. Ce sont des centres de beauté financés par l’argent public, au service de ceux qui ont le privilège de manger à satiété et de vivre dans le luxe, au temps de la famine organisée, de la politique du bâton et de la carotte. Au lieu de construire des usines de production de lait, de soutenir les agriculteurs pour baisser les prix des légumes et des fruits et les rendre accessibles sur le marché local, ou de bâtir des unités pour produire « le pain de la dignité », le pouvoir militaire préfère orienter les budgets colossaux vers l’achat d’armes de pacotille, l’attisement des troubles dans la région, l’affamement du peuple pour l’humilier, et dépenser des milliards en engins de mort, pendant que les vrais hôpitaux se noient dans la pénurie de médicaments essentiels et de bouteilles d’oxygène.

L’unité de traitement de l’obésité et du surpoids dont le pays a réellement besoin aujourd’hui, c’est une unité pour extirper la corruption et mettre fin au pillage des richesses. Cette tentative d’abêtir le peuple avec ces inaugurations théâtrales et stupides ne trompe plus personne, le citoyen qui ne trouve ni viande dans sa marmite ni semoule dans sa boulangerie comprend parfaitement que celui qui inaugure des cliniques contre l’obésité au milieu d’une famine généralisée est le même qui lui vole le pain de la bouche. Ô bande de malfaiteurs, nourrissez d’abord le miséreux, avant de lui parler de régime alimentaire et de rêve d’amaigrissement…

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