Politique

Le décès d’Idriss Guiga rouvre des chapitres controversés de l’histoire tunisienne

Avec la disparition d’Idriss Guiga à l’âge de 101 ans, la Tunisie tourne la page sur l’un de ses plus éminents hommes d’État de l’époque du président Habib Bourguiba, et l’une des dernières figures à avoir marqué une période charnière de son histoire politique. Au cours de sa longue carrière, M. Guiga a occupé plusieurs postes ministériels clés, notamment ceux de la Santé, de l’Intérieur et de l’Éducation nationale, ainsi que de hautes fonctions telles que celle de directeur de la Sécurité nationale et d’ambassadeur de Tunisie en Allemagne. Ceci a fait de lui une figure incontournable du pouvoir en Tunisie durant les décennies qui ont suivi l’indépendance.

Cependant, cette brillante carrière n’a pas occulté la controverse qui a continué de le hanter jusqu’à ses derniers jours, son nom étant associé à plusieurs événements historiques sensibles qui continuent de peser sur l’histoire tunisienne. Parmi les questions les plus importantes figure le différend avec les descendants d’Amin Bey, dernier roi de Tunisie, qui l’accusent d’avoir dirigé les forces de sécurité ayant pris d’assaut le palais de Carthage en 1957 pour destituer le roi. Ils affirment que leur famille a subi des mauvais traitements et la confiscation de ses biens lors de cette opération, qui a ouvert la voie à la proclamation de la République.

Par ailleurs, la Commission Vérité et Dignité, présidée par Sihem Ben Sedrine, a rouvert ce dossier suite aux événements du 14 janvier 2011, dans le cadre du processus de justice transitionnelle. La commission a porté des accusations contre Guiga concernant des violations présumées des droits de la famille royale, ce qui a suscité une vive polémique dans les milieux politiques et de défense des droits humains, la controverse ne s’est pas limitée à cette période. Le nom de Guiga est également resté sous les feux des projecteurs lors des émeutes du pain de 1984, alors qu’il était ministre de l’Intérieur. Cette période fut marquée par d’importantes manifestations populaires suite à une décision d’augmenter le prix du pain. De profonds désaccords apparurent alors entre Idriss Guiga et le Premier ministre de l’époque, Mohamed Mzali, qui l’accusa de ne pas avoir réprimé les protestations afin d’affaiblir le gouvernement.

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