Vendredi, les autorités tunisiennes ont annoncé la suspension pour un mois de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, une décision qui affecte l’une des organisations de la société civile les plus importantes du pays et membre du quatuor lauréat du prix Nobel de la paix 2015, cette décision intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes entre les autorités et plusieurs organisations de la société civile. Les critiques estiment que cette mesure témoigne d’un renforcement du contrôle sur l’espace public depuis la consolidation du pouvoir du président Kaïs Saïed en 2021.
Des figures de l’opposition et des organisations de défense des droits humains affirment que le pays a connu un recul des libertés depuis lors, avec des restrictions de plus en plus sévères imposées aux ONG, aux médias et à certaines figures de l’opposition. Dans le même esprit, les autorités avaient déjà suspendu les activités de plusieurs organisations importantes en octobre dernier, dont Femmes Démocratiques, le Forum Tunisien pour les Droits Économiques et Sociaux et l’association Nawaat. Ces mesures avaient suscité de vives critiques de la part des organisations de défense des droits humains, tant au niveau national qu’international.
Ces développements s’inscrivent dans un débat plus large en Tunisie sur l’avenir des libertés publiques et le rôle de la société civile, sur fond d’accusations réciproques entre les autorités et les acteurs des droits de l’homme concernant la nature du processus politique dans le pays.