Des habitants ont rapporté que les forces maliennes avaient repris le contrôle d’une ville frontalière avec le Niger, tombée aux mains de groupes armés liés à l’État islamique cette semaine. Cette reprise s’inscrit dans le cadre de leurs efforts pour reconquérir la région après les attaques coordonnées du week-end. Deux habitants de Ménaka, ville proche de la frontière nigérienne, ont indiqué que des combattants de la Province du Sahel de l’État islamique (EI-Sahel) avaient battu en retraite après des affrontements avec l’armée, qui a repris ses patrouilles terrestres et aériennes. Une source diplomatique de haut rang a également confirmé que l’armée avait repris le contrôle de la zone.
Dans la région de Mopti, au centre du Mali, théâtre des attaques du week-end, le calme est revenu mercredi, même si un sentiment d’inquiétude et d’appréhension persistait parmi les habitants, selon un résident. Ce dernier a ajouté que l’armée avait multiplié les points de contrôle et renforcé ses patrouilles terrestres et aériennes autour de la ville. Un habitant de Gao, la plus grande ville du nord du Mali, a signalé une intensification des patrouilles militaires, tandis que les civils se préparaient à de nouvelles attaques. À Sévaré, dans le centre du pays, la tension restait vive mercredi, selon un témoin qui a rapporté avoir entendu des coups de feu pendant la nuit.
Le commandant militaire malien Assimi Goïta a fait sa première apparition publique mardi depuis l’attaque de samedi perpétrée par des militants liés à Al-Qaïda et une coalition composée principalement de séparatistes touaregs. Cette attaque a coûté la vie au ministre de la Défense et porté un coup dur aux mercenaires russes qui soutiennent l’armée. Goïta a juré de neutraliser les responsables des attaques de samedi, qui ont révélé une coordination manifeste entre les militants liés à Al-Qaïda et les séparatistes touaregs. Ces derniers ont pris le contrôle de la ville stratégique de Kidal, aux dépens des forces maliennes soutenues par la Russie. Goïta a également rencontré l’ambassadeur de Russie mardi et s’est rendu dans un hôpital où des soldats blessés étaient soignés.