L’Union européenne a exprimé sa « vive préoccupation » face aux récents développements dans la région du Tigré, au nord de l’Éthiopie, appelant toutes les parties à une désescalade immédiate et à éviter toute action susceptible de compromettre le fragile accord de paix de 2022. Dans une déclaration publiée jeudi par le porte-parole pour les affaires étrangères, l’UE a appelé à la retenue, soulignant la nécessité de respecter l’accord de cessation permanente des hostilités conclu à Pretoria en novembre 2022. Elle a également mis en garde contre toute action pouvant mettre en péril l’accord de paix, insistant sur le caractère « impératif » d’empêcher une reprise du conflit.
L’UE a souligné la nécessité de résoudre les différends entre les parties par le dialogue politique, soulignant qu’une reprise du conflit aurait des conséquences dévastatrices pour une région qui se remet encore d’une guerre de deux ans qui s’est achevée avec la signature de l’accord de Pretoria. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions renouvelées et de craintes croissantes d’instabilité dans le nord de l’Éthiopie, où les récents événements ont suscité des inquiétudes quant à la pérennité du processus de paix et au risque d’une nouvelle escalade. La région du Tigré entre dans une nouvelle phase de tensions politiques, marquée par une escalade des différends entre le gouvernement fédéral et le Front populaire de libération du Tigré (FPLT) concernant l’avenir de l’administration intérimaire régionale. Cette situation met l’accord de paix à rude épreuve.
La crise ne se limite pas aux relations entre Mekele (la capitale du Tigré) et Addis-Abeba, mais s’étend à l’ensemble de la région. Le FPLT est de plus en plus critiqué pour son monopole du pouvoir et son refus d’inclure d’autres forces politiques dans le processus de transition. Plus de trois ans après la signature de l’Accord de Pretoria en novembre 2022, qui a mis fin à la sanglante guerre civile dans le nord de l’Éthiopie, les accords de paix demeurent fragiles et susceptibles de s’effondrer sous la pression de la compétition pour le pouvoir régional, dans un contexte d’interprétations divergentes des dispositions de l’accord.