Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) est confronté à des difficultés croissantes pour acheminer l’aide humanitaire en raison de l’escalade de la crise dans le détroit d’Ormuz, qui a perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales et fait exploser les coûts de transport. Le HCR explique que les perturbations du transport maritime et la hausse des prix du carburant l’ont contraint à adapter ses stratégies logistiques, entraînant des retards dans la livraison de fournitures essentielles, notamment aux pays africains déjà aux prises avec des crises humanitaires qui s’aggravent. Il souligne que ces répercussions affectent de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables.
Au Kenya, plaque tournante régionale majeure pour les opérations d’aide, les prix du carburant ont augmenté d’environ 15 %, ce qui ralentit le rythme des livraisons. Le nombre de camions disponibles pour transporter l’aide vers l’Éthiopie, la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud a également diminué, aggravant encore les retards, au Soudan, confronté à l’une des pires crises humanitaires au monde, le coût de l’acheminement de l’aide a plus que doublé ces derniers mois, notamment en raison des détours nécessaires pour contourner le cap de Bonne-Espérance, ce qui allonge les délais de livraison d’environ 25 jours.
« Les populations dans le besoin reçoivent leur aide avec des retards disproportionnés par rapport à l’urgence de la situation », a déclaré Carlotta Wolf, porte-parole du HCR à Genève. Elle a souligné que le coût de certains envois a doublé, comme celui du transport de secours de Dubaï vers le Soudan et le Tchad, passé d’environ 900 000 dollars à 1,87 million de dollars. Le HCR alerte sur le fait que cette situation survient alors qu’il subit des pressions financières croissantes dues à la baisse des financements des donateurs, ce qui compromet sa capacité à répondre efficacement aux besoins humanitaires grandissants, en particulier en Afrique, un continent en proie à des crises multiples et souvent négligées.