Les alertes humanitaires se multiplient face à l’afflux continu de migrants irréguliers le long des côtes libyennes vers l’Europe, sur fond d’expansion des réseaux de passeurs et d’augmentation des noyades en Méditerranée. Des familles de plusieurs pays arabes et africains signalent la perte de leurs proches lors de tentatives de migration irrégulière depuis la Libye vers les côtes européennes, selon des témoignages de plus en plus nombreux. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a annoncé que plus de 1 000 migrants se sont noyés en Méditerranée depuis le début de l’année, après avoir quitté la Libye à bord d’embarcations de fortune. Ces chiffres soulèvent de sérieuses questions quant à l’efficacité des mesures de sécurité pour endiguer les activités des réseaux de passeurs, malgré les assurances officielles répétées de les combattre.
Les trafiquants d’êtres humains continuent de pousser des centaines de personnes vers des traversées périlleuses à bord de ce que les médias appellent les « bateaux de la mort ». Les forces de sécurité de la ville de Tobrouk ont annoncé le sauvetage d’une embarcation transportant 68 migrants en situation irrégulière, de nationalités africaine et arabe, après que celle-ci ait rencontré des conditions maritimes difficiles. Le Croissant-Rouge libyen a indiqué avoir reçu un rapport des garde-côtes de Tobrouk confirmant le retour du bateau à terre après l’opération de sauvetage. Les équipes d’ambulanciers du Croissant-Rouge ont confirmé avoir prodigué les premiers soins et une assistance humanitaire aux migrants dès leur arrivée au point de débarquement.
Le Croissant-Rouge a souligné que la répétition de ces opérations de sauvetage témoigne de la tragédie humanitaire persistante liée aux migrations irrégulières en Méditerranée. Un militant libyen des droits humains, spécialiste des questions migratoires, a déclaré que de nombreuses failles dans le système sécuritaire et juridique permettent aux réseaux de passeurs de poursuivre leurs activités en Libye. Cette même source a accusé des entités sécuritaires non officielles de faciliter le travail de ces réseaux en échange d’un gain financier, selon sa déclaration, faite sous couvert d’anonymat.