Le premier avion transportant des migrants originaires de pays d’Afrique de l’Ouest, expulsés des États-Unis, est arrivé mercredi matin à Freetown, la capitale de la Sierra Leone. Cette arrivée s’inscrit dans le cadre d’un programme américain controversé visant à transférer les migrants sans papiers vers des pays tiers. La Sierra Leone rejoint ainsi la liste des pays africains qui ont accepté ces derniers mois d’accueillir temporairement des migrants expulsés des États-Unis. Le ministre des Affaires étrangères de la Sierra Leone a expliqué que l’avion transportait 25 migrants originaires de pays d’Afrique de l’Ouest, notamment du Sénégal, du Ghana, de Guinée et du Nigeria. Il a souligné que le programme est réservé aux citoyens des États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Cette opération repose sur l’Accord relatif aux ressortissants de pays tiers (TNCA), un accord entre les États-Unis et la Sierra Leone concernant l’accueil des ressortissants d’autres pays expulsés du territoire américain. Le gouvernement sierra-léonais présente cet accord comme un mécanisme de coopération humanitaire et migratoire destiné à accueillir temporairement les migrants avant leur retour dans leur pays d’origine. Les autorités sierra-léonaises ont confirmé que le séjour des migrants ne dépasserait pas 14 jours, avec possibilité de prolongation jusqu’à 30 jours dans des circonstances exceptionnelles, après quoi ils seraient renvoyés dans leur pays d’origine. L’accord prévoit l’accueil de 25 personnes par mois, soit environ 300 personnes par an. Selon des documents gouvernementaux, Washington a alloué 1,5 million de dollars pour financer l’accueil, l’hébergement temporaire et le rapatriement des migrants.
Ce programme a suscité une vague de critiques en Sierra Leone, notamment en raison du manque de transparence dénoncé par les militants et les organisations de défense des droits humains concernant la nature de l’accord et l’identité des migrants renvoyés, ainsi que des inquiétudes quant à la capacité du pays à gérer ce processus compte tenu de ses difficultés économiques. Abdul Mohsen Fatima, directeur de la Campagne internationale pour les droits humains et le développement, s’est inquiété de l’absence de garanties claires quant au suivi de la situation des migrants après leur arrivée.