Politique

La violence en Afrique s’intensifie suite aux coupes budgétaires américaines

Une étude récente, publiée dans la revue Science, révèle que la fin du financement de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) a entraîné une hausse significative de la violence sur le continent africain, de l’ordre de 5 à 10 % par rapport à la même période l’an dernier. Cette situation intervient alors que l’on craint une escalade des tensions sécuritaires et des répercussions humanitaires liées à la réduction des fonds américains. Selon l’étude, les conséquences du démantèlement des programmes de l’agence dépassent le cadre de la santé, de l’aide alimentaire et des services sociaux, et affectent la stabilité sécuritaire de plusieurs régions fragiles du continent.

Les chercheurs se sont appuyés sur la comparaison de données géographiques issues d’anciens projets de l’USAID avec les statistiques de violence documentées par des organisations spécialisées, notamment ACLED, qui surveille les conflits et la violence dans le monde. Au camp de réfugiés de Kakuma, au Kenya, les tensions se sont exacerbées suite à la réduction du financement américain l’an dernier, selon des témoignages locaux. John Thomas Muyomba, représentant des jeunes dans le camp, a déclaré que la réduction du financement de l’USAID avait eu un impact direct sur les services éducatifs et la distribution alimentaire, suite à la diminution de l’aide du Programme alimentaire mondial à certains groupes de réfugiés. Cette situation a provoqué des manifestations de jeunes qui ont dégénéré en affrontements.

Oliver Vanden Ende, directeur de recherche au CNRS et co-auteur de l’étude, a expliqué que les zones fortement dépendantes du financement américain ont connu une augmentation rapide de la violence après ces coupes drastiques. Il a ajouté que des milliers d’incidents violents ont été recensés pendant la période étudiée, ce qui signifie qu’une augmentation de seulement 5 % se traduit par des centaines d’incidents supplémentaires. Les chercheurs ont constaté que l’impact de la réduction du financement ne se limitait pas à un secteur spécifique, comme l’aide alimentaire, la santé ou les programmes de gouvernance, mais entraînait plutôt une baisse soudaine des opportunités économiques, en particulier pour les jeunes susceptibles de rejoindre des groupes armés.

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