La Banque ouest-africaine de développement (BOAD), institution de financement du développement au service de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), et la Société financière internationale (SFI), filiale du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, ont signé deux accords de financement réciproques d’un montant maximal de 600 millions d’euros. Ces accords visent à renforcer le financement en monnaie locale et à accélérer la croissance du secteur privé en Afrique de l’Ouest. L’accord établit des mécanismes de financement réciproques en euros (EUR) et en francs CFA ouest-africains (XOF), destinés à faciliter l’accès aux capitaux à long terme pour les secteurs stratégiques de la région de l’UEMOA.
Dans le cadre de cet accord, la SFI fournira à la BOAD un financement à long terme en euros pour soutenir ses activités de prêt, conformément à sa feuille de route stratégique 2026-2030, « Djoliba… La suite ». Ce financement soutiendra des investissements dans des secteurs clés tels que l’énergie, l’agroalimentaire, les transports, le développement urbain et les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) au sein des États membres de l’UEMOA. En contrepartie, la BOAD accordera à la SFI une facilité de financement flexible en francs XOF, permettant à cette dernière de développer des financements en monnaie locale à long terme et à faible coût pour des projets du secteur privé axés sur la création d’emplois et le développement économique dans la région. Cette transaction, structurée avec le soutien de Galite, établit la première facilité de financement réciproque de la SFI avec une autre institution de financement du développement et renforce les efforts visant à institutionnaliser le financement en monnaie locale comme mécanisme de développement à long terme en Afrique de l’Ouest.
Cette initiative répond à un défi majeur du financement dans la région de l’UEMOA, où les prêts commerciaux restent majoritairement à court terme, limitant les investissements dans les infrastructures et d’autres secteurs porteurs de transformation. Comme la plupart des entreprises de la région génèrent leurs revenus en francs XOF, l’accès au financement en monnaie locale est de plus en plus considéré comme essentiel pour atténuer l’exposition au risque de change et améliorer la viabilité financière des emprunteurs.