Politique

Le Burkina Faso suspend la plus grande organisation étudiante et arrête son président

Le régime militaire burkinabè a suspendu les activités de l’Union générale des étudiants burkinabè (UGEB), la plus importante organisation étudiante du pays, pour une durée de trois mois, renouvelable. Le ministère de l’Administration territoriale a annoncé cette décision mercredi, la justifiant par des actes d’« apologie du terrorisme ». Cette décision intervient dans un contexte de répression de plus en plus sévère menée par le régime du capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir par un coup d’État militaire en septembre 2012. Ces dernières semaines, près d’un millier d’associations et d’organisations ont été dissoutes ou suspendues en vertu d’une nouvelle loi sur la liberté d’association.

Selon l’organisation étudiante, une dizaine de ses membres, dont son président, Wilfried Bazo, ont été arrêtés dans la nuit de lundi à mardi au siège de l’Union à Ouagadougou par des hommes armés en civil, l’Union a confirmé dans un communiqué que plusieurs étudiants ont été emmenés dans un lieu inconnu et a exigé leur « libération immédiate », le syndicat a indiqué que le 19 mai, à l’occasion du 36e anniversaire de l’assassinat de leur camarade Dabo Boukari, il avait publié un communiqué – comme chaque année – qui, selon ce communiqué, a déplu à certains partisans du régime. Le syndicat a tenu le régime du « Mouvement national pour le salut et la réforme », désignant la junte militaire au pouvoir, responsable de ce qu’il a qualifié de « graves violations des libertés et des privilèges universitaires », et a déclaré qu’il portait cette affaire à l’attention de l’opinion publique nationale et internationale.

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Il a également appelé les étudiants à se mobiliser et à se préparer à toute directive ou action qui pourrait être imposée par l’évolution de la situation. Quelques jours avant sa décision de suspendre ses activités, le syndicat avait publié un communiqué dénonçant les « violations des libertés démocratiques, syndicales et politiques » commises au nom de la lutte contre le terrorisme. Le mouvement étudiant a également accusé les autorités militaires d’une « incapacité manifeste à rétablir la sécurité » face à la violence extrémiste qui ravage de vastes régions du pays.

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