Politique

Le Parlement zimbabwéen adopte une loi prolongeant le mandat présidentiel

Le Parlement du Zimbabwe a adopté une loi prolongeant le mandat présidentiel de cinq à sept ans, permettant ainsi au président Emmerson Mnangagwa de rester au pouvoir jusqu’en 2030. Les partisans de cette prolongation, au sein du parti ZANU-PF de Mnangagwa, affirment qu’elle favorisera la stabilité, réduira les coûts des élections et permettra la mise en œuvre de plans économiques à long terme. Leur campagne s’est heurtée à une opposition inhabituellement forte de la part de l’opinion publique et de certains vétérans de la guerre d’indépendance, qui se sont retournés contre leur ancien allié, l’accusant d’usurpation de pouvoir. Plus de 200 députés ont voté en faveur du projet de loi, dépassant ainsi la majorité des deux tiers requise pour modifier la Constitution.

Ce texte abolit également l’élection présidentielle au suffrage universel direct ; les futurs présidents seront donc élus par le Parlement, Mnangagwa, âgé de 83 ans, a accédé au pouvoir en 2017 après la destitution, soutenue par l’armée, du président Robert Mugabe, au pouvoir depuis de nombreuses années. Il a remporté les élections controversées de 2018 et 2023. Le projet de loi est désormais soumis au Sénat, où son adoption est également attendue, avant d’être promulgué par le président. Il marque l’aboutissement d’une campagne menée par le parti au pouvoir, la ZANU-PF, qui dirige le pays depuis l’indépendance en 1980, visant à modifier la Constitution et à prolonger le mandat présidentiel – un projet approuvé par le gouvernement en février.

Le président s’est toujours présenté comme un constitutionnaliste et s’est engagé à respecter la limitation des mandats présidentiels. Lors du vote de jeudi, le président du Parlement, Jacob Mudenda, a annoncé que 216 députés avaient voté en faveur du texte, dépassant ainsi la majorité qualifiée de 187 voix requise pour modifier la Constitution. Quarante-deux députés ont voté contre. L’amendement comprend plusieurs dispositions :
Abolition des élections présidentielles – organisées depuis 1990 –
Élection du prochain président par le Parlement
Prolongation du mandat du Parlement et de la présidence, qui passe de cinq à sept ans
Report des élections législatives prévues pour 2028 à 2030
Le président Mnangagwa, dont le second et dernier mandat s’achève en 2028, restera en fonction jusqu’en 2030.

  Le Sénégal fixe la date de l'élection présidentielle du 24 mars, le Parlement adopte une loi d'amnistie
Ajouter un commentaire

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les plus lus

To Top