Société

Madagascar : Vague de disparitions d’enfants : panique à Antananarivo

Depuis fin juin, une vague de disparitions d’enfants à Madagascar sème l’inquiétude et la panique dans la capitale, Antananarivo. Malgré le renforcement des mesures de sécurité, le nombre d’enfants disparus ne cesse d’augmenter et la peur grandit parmi les habitants. Selon les dernières statistiques publiées la semaine dernière par la police nationale, 91 enfants sont toujours portés disparus à travers le pays, la majorité des signalements étant concentrés à Antananarivo. Face à cette situation, de nombreux habitants ont modifié leurs habitudes quotidiennes et redoublent de prudence, évitant notamment de voyager seuls ou de sortir tard le soir.

Au marché d’Annalakili, l’un des plus fréquentés de la capitale, plusieurs citoyens ont exprimé leurs craintes. Elenu, un étudiant de 19 ans, a expliqué que sa famille avait décidé de rester ensemble et d’éviter les lieux publics, ainsi que de ne pas rentrer tard le soir, car les jeunes et les enfants sont les plus vulnérables. Pour tenter d’endiguer la crise, les autorités ont déployé plus de 1 500 policiers, militaires et gendarmes dans toute la capitale, 24 heures sur 24. Cependant, ce dispositif de sécurité n’a guère contribué à apaiser les craintes des citoyens. Mikaela, une mère de 26 ans, confie être, comme tout le monde, profondément inquiète. Elle ajoute que ce qui est arrivé aux enfants disparus pourrait arriver à n’importe qui, et que, par conséquent, sa famille reste en contact permanent avec ses proches lorsqu’ils sortent, afin de s’assurer de leur sécurité.

En l’absence d’explication officielle concernant ces disparitions, les spéculations et les théories se sont largement répandues sur les réseaux sociaux. Certains font le lien avec de prétendus rituels et sacrifices en échange d’argent ou d’influence, tandis que d’autres évoquent un possible lien avec le trafic d’organes. Aucune preuve officielle n’a encore été publiée pour étayer ces allégations. Dans sa première déclaration sur la crise, le président Mikael Randrianireina a confirmé que certaines personnes étaient désormais prêtes à « tuer des enfants pour une poignée d’argent », s’engageant à démanteler l’organisation responsable de ces crimes et à poursuivre tous les responsables, dans le cadre des efforts du gouvernement pour contenir la crise et rétablir la sécurité.

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