Politique

Sénégal : Sonko menace de renverser le gouvernement « si nécessaire »

Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a menacé de renverser le gouvernement par la voie parlementaire « si nécessaire », s’appuyant sur la majorité parlementaire détenue par son parti, les Patriotes africains sénégalais pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF). Sonko, ancien Premier ministre avant son élection à la présidence de l’Assemblée nationale, a tenu ces propos lors de l’inauguration du nouveau siège du PASTEF à Touba, le dimanche 12 juillet au soir. Il a critiqué les choix politiques du président Bachir Diomêne Faye, l’accusant de s’écarter du projet de souveraineté sur lequel il a été élu, notamment concernant la renégociation des contrats stratégiques avec les multinationales exploitant les ressources naturelles, en particulier les phosphates.

Sonko a affirmé que le président ne privilégie plus les intérêts du peuple sénégalais, l’accusant de se concentrer sur la création d’un nouveau parti politique et de poursuivre ses propres ambitions politiques, alors que le pays est confronté à d’importantes difficultés économiques et financières. Ces difficultés incluent une dette publique croissante, l’absence de programme du FMI, les risques liés à la saison des pluies et des tensions grandissantes dans divers secteurs socio-économiques, il a ajouté que l’Assemblée nationale, où son parti, le PASTEF, dispose d’une confortable majorité, possède les moyens constitutionnels de contester le gouvernement, soulignant sa disposition à utiliser la motion de censure si nécessaire. S’adressant à ses partisans, il a déclaré : « Nous avons l’Assemblée nationale, et donc nous avons les moyens de le confronter », insistant sur le fait que le gouvernement peut être renversé « dès que le besoin s’en fait sentir ».

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Cette position marque un net changement dans le discours de Sonko. Après l’élection du président Diomène Faye, Sonko avait déclaré qu’il n’entraverait pas le travail du gouvernement, avant de revenir sur sa promesse et d’affirmer sa volonté de s’opposer au pouvoir exécutif, considérant cela comme une trahison des engagements politiques qui avaient porté la coalition au pouvoir. Sonko a également accusé le gouvernement de saper les efforts visant à protéger le climat des affaires, affirmant que le pouvoir exécutif avait renié ses promesses de renégocier les contrats d’exploitation des ressources naturelles, un pilier essentiel du programme électoral du parti Bastif.

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