Le virus Ebola se propage rapidement en République démocratique du Congo, tandis que l’ONU met en garde contre le risque de propagation de l’infection lié au transport des corps des victimes entre les régions pour leur inhumation dans leurs villes d’origine. Le nombre de cas a augmenté d’environ 70 % en deux semaines, avec une moyenne de plus de 40 nouveaux cas enregistrés quotidiennement. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) confirme que ces pratiques constituent un obstacle majeur à la maîtrise de l’épidémie, compte tenu de la transmission continue du virus par contact avec les corps des défunts. Le respect des procédures d’inhumation sécurisées est donc impératif.
Le Dr Abdulrahman Mahmoud, directeur des opérations d’alerte et de riposte d’urgence à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a déclaré que l’épidémie actuelle est devenue, en seulement deux mois, la troisième plus importante épidémie d’Ebola de l’histoire et l’une des plus rapides à se propager. Il a indiqué que plus de 2 100 cas confirmés et plus de 800 décès ont été recensés. Il a ajouté que la crise dépasse le simple cadre d’une épidémie, car elle coïncide avec une situation humanitaire et sécuritaire complexe dans les zones de conflit de l’est de la République démocratique du Congo, où la violence armée et les déplacements massifs de population entravent les efforts de réponse sanitaire et de maîtrise de la maladie.
Le Dr Abdulrahman Mahmoud a souligné que le virus responsable de l’épidémie appartient à la souche Bundibugyo, pour laquelle il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement spécifique. Il a insisté sur le fait que l’Organisation mondiale de la Santé continue d’apporter son soutien au ministère congolais de la Santé pour freiner la propagation de la maladie et protéger les populations touchées. Expliquant les mises en garde concernant la manipulation des corps, le responsable a précisé que le virus Ebola se distingue de nombreuses autres maladies infectieuses par sa persistance à des concentrations élevées dans le corps du défunt après son décès, faisant de la manipulation du corps et des rites funéraires des étapes parmi les plus dangereuses de la transmission.