Une circulaire du ministère de l’Intérieur comorien a déclenché un débat passionné dans les milieux politiques et sociaux. Cette circulaire enjoint aux maires et gouverneurs d’interdire les mariages de grande ampleur pendant les heures de travail officielles dans le secteur public. Le gouvernement affirme que cette mesure vise à réduire l’absentéisme des employés et à garantir la continuité des services publics. La circulaire interdit spécifiquement les mariages pendant les heures de travail officielles, soit de 8h00 à 12h00 du lundi au jeudi, et de 13h00 à 17h00, ainsi que le vendredi de 8h00 à 12h00. Le gouvernement justifie cette décision par le phénomène fréquent des employés quittant leur travail pour assister à des mariages. Selon les autorités, cela perturbe le bon fonctionnement des services publics et nuit à la prestation de services aux citoyens.
Cette décision a toutefois suscité de nombreuses critiques. Les opposants ont fait valoir que cette mesure était impraticable et constituait une intrusion dans la vie privée des familles, d’autant plus que les mariages aux Comores sont des événements sociaux majeurs, planifiés des mois à l’avance et impliquant le déplacement de proches venus de l’étranger, ce qui rend leur report extrêmement difficile. Les critiques ont également perçu cette directive comme le reflet de l’incapacité de l’État à faire respecter la discipline au sein des institutions gouvernementales. Ils ont soutenu que la lutte contre l’absentéisme devait se faire par l’application de règlements administratifs et la responsabilisation des employés absents, et non par la restriction des rassemblements sociaux. Parmi les personnes ayant rejeté la décision figurait Daoud Khalifa, un citoyen préparant son mariage dans moins de deux semaines, avec des centaines d’invités attendus.
Il a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de modifier ses plans en raison de cette directive, affirmant que la plupart des citoyens ne s’y conformeraient pas et que la seule conséquence possible serait une érosion progressive de l’autorité du gouvernement. Cette décision a une fois de plus mis en lumière le problème chronique de l’absentéisme au sein des administrations comoriennes, un problème que le gouvernement assure être déterminé à résoudre et pour lequel il ne reviendra pas sur les mesures déjà prises.