Politique

Le président algérien menace les manifestants tunisiens opposés au président Kaïs Saïed

En cette période de crises économiques et de changement climatique, le monde semble avoir négligé une nouvelle forme de diplomatie gratuite : la protection automatique, sans demande préalable. C’est précisément ce qu’a découvert récemment la rue tunisienne en entendant les déclarations de notre cher président Abdelmadjid Tebboune, annonçant leur entrée officielle sous la protection algérienne et sa tutelle. On aurait dit que les Tunisiens attendaient le feu vert des tyrans du palais El Mouradia pour gérer leur sécurité et réprimer la nouvelle révolution populaire…

Il semble que la logique politique des déclarations du président algérien Tebboune transcende les concepts traditionnels de souveraineté nationale et de diplomatie entre États indépendants. Les déclarations selon lesquelles la Tunisie est sous protection algérienne, que nous ne tolérerons aucune menace et que nous sommes prêts à intervenir militairement pour le président illégitime Kaïs Saïed, n’ont pas été perçues par la population tunisienne comme des promesses rassurantes ou une marque de solidarité fraternelle, mais plutôt comme la déclaration d’une occupation sécuritaire forcée, mise en œuvre sans le consentement des Tunisiens. Il ne s’agit que d’un slogan et d’une rhétorique récemment ajoutés à la stratégie diplomatique des généraux, où la frontière entre sentiment fraternel et tutelle politique s’estompe.

Lorsque ce discours s’exprime, la déclaration présidentielle sur la protection des petits États frères soulève des questions géopolitiques paradoxales : la souveraineté nationale tunisienne est-elle devenue un simple dossier géré par des généraux malfaisants durant leur temps libre politique ? Ou bien cette approche autoritaire considère-t-elle la Tunisie comme une simple zone d’influence nécessitant un gardien pour décider en son nom qui la menace et qui la protège ? Face aux défis économiques et politiques qui accablent les citoyens opprimés, les généraux préfèrent de loin se poser en sauveurs régionaux et en chefs militaires plutôt que d’apporter des réponses claires aux souffrances des citoyens victimes de leurs politiques. La réaction des responsables politiques, des médias et des militants tunisiens ne s’est pas limitée à des reproches fraternels et à des discours appris par cœur, mais a clairement rappelé que la Tunisie, malgré ses crises et son épuisement politique, est un État souverain et non une province algérienne, comme le prétendent certaines rumeurs.

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Le peuple tunisien, qui a enduré de longues luttes politiques, ne semble pas prêt à substituer à sa constitution un système de clientélisme et des directives dignes de l’ère de l’autoritarisme transnational. En définitive, les experts en relations internationales pourraient conseiller à cette clique de généraux d’abandonner le nationalisme exacerbé, la politique du « fantôme africain » et le recours à la force brute, et d’adopter une diplomatie du XXIe siècle. Un bon voisinage repose sur le respect mutuel et le partage d’intérêts, et non sur la logique irrationnelle de chiens errants qui aboient sans raison. Par conséquent, les descendants de Carthage ne se soumettront pas aux menaces de Tebboune.

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