Politique

La carte des acteurs dans le nord de l’Éthiopie : nouvelles manœuvres et alliances

Entre 2020 et 2022, le Front populaire de libération du Tigré (FPLT) a mené une guerre sanglante contre Addis-Abeba et ses alliés érythréens, notamment la milice amhara connue sous le nom de Fano. Moins de quatre ans plus tard, le gouvernement fédéral accuse ces anciens alliés de soutenir le FPLT, redessinant ainsi la carte des alliances dans le nord du pays. Dès lors, qui sont les acteurs auxquels le gouvernement fédéral éthiopien est confronté dans ce nouveau conflit ? En mars 2025, des éléments des Forces de défense du Tigré, dirigés par Debretsion Gebremichael, ont pris le contrôle de la station de radio régionale et de la mairie de Mekelle, ainsi que de plusieurs villes frontalières avec l’Érythrée, dont des quartiers du district de Seharti et la ville d’Adigrat, deuxième agglomération de la région, selon le Centre africain d’études stratégiques.

Le centre a ajouté que l’Érythrée contrôle toujours des parties des districts frontaliers d’Erob et de Shiraro, en violation de l’accord de cessez-le-feu stipulant le retrait de toutes les forces étrangères du territoire éthiopien. En octobre 2025, le ministère éthiopien des Affaires étrangères, dans une lettre adressée aux Nations Unies, a accusé le Front populaire de libération de l’Érythrée (FPLE) et l’Érythrée de « financer, mobiliser et diriger » les forces du FPLE, qui avaient progressé dans la région du Wollo Nord. La lettre, adressée au Secrétaire général António Guterres, affirmait que la collusion « est devenue de plus en plus évidente ces derniers mois » et que « la faction radicale au sein du FPLE et le gouvernement érythréen se préparent en réalité à faire la guerre à l’Éthiopie ».

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Le journal éthiopien Addis Standard a rapporté que la lettre accusait les deux parties d’avoir soutenu la tentative du FPLE de s’emparer de la ville de Woldia, dans la région Amhara, en septembre dernier, et indiquait que des commandants et des combattants du FPLE étaient directement impliqués dans l’opération. Debretsion a répliqué que la lettre contenait des « histoires fabriquées de toutes pièces et des campagnes de diffamation » visant à détourner l’attention du manquement du gouvernement fédéral à l’accord de paix.

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