Politique

L’Érythrée accuse l’Éthiopie de déstabiliser activement la Corne de l’Afrique

L’Érythrée a accusé son voisin, l’Éthiopie, de déstabiliser la région, dans le cadre d’une nouvelle escalade verbale entre les deux pays rivaux de la Corne de l’Afrique. Dans un communiqué publié par le ministère érythréen des Affaires étrangères, Asmara a accusé le Parti de la Prospérité, dirigé par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, de « déstabiliser activement la Corne de l’Afrique ». Le communiqué précise : « Alors que l’Érythrée a fait preuve d’une grande patience stratégique, Addis-Abeba n’a cessé d’intensifier sa rhétorique belliqueuse depuis plus de trois ans, bafouant les traités internationaux et accueillant, entraînant et finançant activement des groupes sectaires subversifs dont l’objectif affiché est un changement de régime en Érythrée ».

L’Érythrée, dirigée d’une main de fer par Isaias Afwerki depuis son indépendance, accuse Addis-Abeba d’« abriter, soutenir et encourager » les Forces de soutien rapide (FSR) au Soudan, un groupe paramilitaire qui mène une guerre civile dévastatrice contre l’armée soudanaise depuis 2023. En février dernier, les tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée se sont exacerbées, l’Érythrée qualifiant les accusations éthiopiennes de « fausses et fabriquées ». Cette escalade faisait suite à la demande d’Addis-Abeba d’un retrait immédiat des forces érythréennes d’Asmara, dans un contexte de tensions croissantes menaçant de dégénérer en un nouveau conflit entre les deux pays de la Corne de l’Afrique. Depuis janvier, des combats ont éclaté entre l’armée éthiopienne et les forces de la région du Tigré dans plusieurs zones. Un accord de paix a été signé à Pretoria en novembre 2022 entre le gouvernement éthiopien et les autorités du Tigré, mettant fin à la guerre dans la région, mais l’Érythrée n’a pas participé aux négociations. Depuis la fin de cette guerre fin 2022, les relations se sont à nouveau détériorées, l’Érythrée accusant l’Éthiopie, pays enclavé, de convoiter son port d’Assab.

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Les troupes érythréennes restent stationnées au Tigré, contrairement à l’accord de paix qui prévoyait implicitement leur retrait. Les autorités éthiopiennes les accusent désormais d’être alliées au Front populaire de libération du Tigré (FPLT) et de « préparer activement la guerre » contre l’Éthiopie. Les relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée ont toujours été tendues. Ces derniers mois, Addis-Abeba a accusé son voisin de soutenir les rebelles du Tigré et d’Amhara, une accusation qu’Asmara réfute.

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