Le Parti démocrate, principal parti d’opposition, a réagi à la création du Sénat et à l’élection de l’ancien président Patrice Talon à la présidence de la chambre haute du Parlement lors de la session du jeudi 6 août. Il a appelé la nouvelle institution à œuvrer pour le rétablissement du pluralisme politique et le renforcement de l’équilibre au sein des institutions démocratiques du pays. Habib Ourokobo, ancien député, membre du Parti démocrate et secrétaire à la mobilisation des ressources du parti, a déclaré que l’élection de Patrice Talon et la création du Sénat s’étaient déroulées malgré l’opposition de son parti, considérant cette nouvelle institution comme une voie que le parti désapprouve. « Il a été installé contre notre volonté », a ajouté Ourokobo, faisant référence à l’élection de Talon à la présidence du Sénat.
Le Parti démocrate s’était opposé à la réforme constitutionnelle instituant le Sénat et avait voté contre lors des débats. Cependant, la réforme a été adoptée, l’opposition étant restée minoritaire au Parlement. L’ancien président Patrice Talon a été élu président du Sénat béninois lors de la séance inaugurale de la chambre haute du Parlement, une nomination qui fait suite à la création de cette institution par les récentes modifications constitutionnelles. M. Talon est arrivé à la séance inaugurale du Sénat, qui s’est tenue le jeudi 30 juillet à Porto-Novo, la capitale, où la nouvelle institution a entamé ses travaux au sein de l’appareil législatif du pays. S’exprimant sur l’avenir du Sénat, M. Werokobo a déclaré espérer que cette nouvelle institution contribuerait à restaurer le pluralisme politique dans la vie publique béninoise, tout en mettant en garde contre le risque qu’elle ne devienne un simple instrument de repositionnement pour des personnalités politiques qui auraient déjà dû se retirer de la scène.
« Malgré notre opposition, cette institution a été créée et elle est désormais inscrite dans la loi », a déclaré l’ancien député. « Néanmoins, nous restons optimistes. » Il a ajouté : « Si cette institution parvient à rester objective dans le traitement de nos problèmes politiques, je suis convaincu qu’elle jouera un rôle utile ». Il a souligné que le Sénat ne pourra jouer un rôle efficace que s’il s’engage à garantir la mise en œuvre effective du pluralisme politique inscrit dans la Constitution béninoise.