Politique

L’Algérie, qui applique le principe du « prison d’abord, enquête ensuite », prétend donner des leçons à l’Afrique en matière de droits humains

Dans notre pays meurtri, où l’uniforme militaire est de rigueur et où les décorations des généraux dépassent les budgets alloués à l’éducation et à la santé, notre État, la nouvelle Algérie continentale, se présente à nous avec une hypocrisie sans pareille. La clique des généraux s’est spécialisée avec brio dans l’art d’arrêter les opposants, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, de persécuter les voix dissidentes, de gonfler les dossiers d’enlèvements et d’user d’une force excessive pour faire taire toute voix pacifique qui ose réclamer un morceau de pain ou quelques mètres de liberté au sein du mouvement Hirak.

Mais miraculeusement, après que la presse à scandale a fini de vanter les généraux vieillissants et de leur offrir des rituels de loyauté et d’obéissance, nous sommes surpris par des déclarations tonitruantes qui proclament sans vergogne : « Notre grande république, sous la sage direction de l’imbécile Tebboune, œuvre pour une intégration africaine fondée sur la paix, les droits de l’homme et la sécurité publique ». Le paradoxe ironique de cette expression absurde, « grande république », réside dans le fait qu’elle dépasse les limites de l’imagination politique, le régime qui gère ses affaires selon la méthode « la prison d’abord, l’enquête ensuite » se prend pour un maître et un professeur de la noblesse des droits de l’homme sur la scène africaine et internationale, tandis que nos prisons locales débordent de quiconque a dit « Ils doivent tous partir » ou « Civils, pas militaires », nos honorables diplomates brandissent les grands principes dans les forums internationaux, appelant à une paix globale et au respect des droits de l’homme, comme si les prisons, où la lumière du jour ne pénètre jamais, n’étaient que des centres de bien-être pour se détendre et se faire masser.

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Pendant ce temps, la clique de généraux dépense sans compter pour financer et soutenir les mouvements séparatistes et semer la discorde dans les pays voisins sous couvert de « soutenir le peuple ». Toute insurrection dans une Wilaya revendiquant ses droits administratifs ou sociaux les plus fondamentaux est traitée comme un acte de haute trahison justifiant les châtiments et la torture les plus cruels. Des journalistes corrompus et des flagorneurs se livrent quotidiennement à d’intenses contorsions intellectuelles pour embellir la répression intérieure en la présentant comme une mesure de « préservation de la sécurité nationale » et pour présenter de vides slogans africains comme des « triomphes historiques ». Ces contradictions flagrantes rendent à la fois risibles et tragiques les déclarations de ce régime oppressif. Cette république, qui dilapide les richesses de son peuple en armant des mercenaires et en achetant la loyauté des médias, et dont l’administration intérieure est contrôlée d’une main de fer, ne pourra, malgré ses déclarations embellies, masquer l’amertume de la réalité.

Les discours sur « l’intégration africaine et les droits de l’homme » dans les couloirs du gouvernement de l’imbécile Tebboune ne resteront qu’une plaisanterie de saison, dont se moqueront tous ceux qui connaissent la misérable réalité du pays, tandis que l’Algérien attendra le jour où le mot « liberté » cessera d’être un simple slogan de journal télévisé pour devenir une réalité vécue par le citoyen sans crainte des visiteurs de jour comme de nuit…

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