Politique

Autorités du Tigré : Olusegun Obasanjo, médiateur de l’Union africaine, manque d’impartialité

Le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT) accuse l’envoyé spécial de l’Union africaine, Olusegun Obasanjo, chargé d’apaiser les tensions entre le gouvernement fédéral éthiopien et les autorités rebelles de la région du Tigré, de partialité, insinuant ainsi qu’il œuvre pour le compte d’Addis-Abeba. L’escalade des tensions ces derniers mois entre le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed et les autorités du FLPT – un parti interdit par Addis-Abeba mais qui gouverne de facto l’extrême nord de l’Éthiopie – fait craindre une reprise du conflit. Olusgun Obasanjo, ancien président du Nigeria, fut l’un des artisans de l’Accord de Pretoria, qui mit fin en 2012 à deux années de guerre sanglante et généralisée entre le gouvernement fédéral et le FLPT. Les deux camps ont récemment massé des troupes le long de la frontière tigréenne.

Selon un diplomate de l’Union africaine, Olusegun Obasanjo, envoyé spécial de l’UA pour la Corne de l’Afrique, a récemment été chargé de mener les efforts visant à relancer l’Accord de Pretoria, dont les dispositions clés restent lettre morte. Dans un communiqué publié lundi, les autorités du Front de libération du peuple du Tigré (FLPT) ont déclaré : « Bien que nous restions fermement attachés à la paix et à un dialogue sérieux, nous n’avons pas trouvé en Olusegun Obasanjo le médiateur impartial et efficace qu’exige la gravité de la crise actuelle», le communiqué ajoute : « Sa conduite… soulève de très sérieuses questions quant à son indépendance et à son éventuelle ingérence dans les décisions du gouvernement fédéral».

En juin et août derniers, M. Obasanjo a rencontré des responsables tigréennes dans la région, qui ont exprimé leur déception face à l’absence de progrès. Le gouvernement fédéral n’a pas encore commenté publiquement la reprise des efforts de médiation menés par M. Obasanjo. Le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT) a pris le pouvoir en Éthiopie en 1991 et a gouverné la région fédérale jusqu’à la nomination du Premier ministre actuel, Abiy Ahmed, en 2018, après quoi il a été progressivement marginalisé. La région du Tigré, qui comptait environ six millions d’habitants avant la guerre, a subi une dévastation économique et des centaines de milliers de personnes restent déplacées.

  Le syndicat nigérian accuse les autorités de négliger le secteur de l'éducation
Ajouter un commentaire

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les plus lus

To Top