Société

Les autorités sanitaires utilisent les données de téléphonie mobile pour suivre la propagation d’Ebola en RDC

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et ses chercheurs indiquent que les autorités sanitaires luttant contre l’épidémie d’Ebola dans l’est du pays utilisent des données de téléphonie mobile anonymisées pour cartographier les déplacements de population et identifier les zones où le virus pourrait se propager davantage. Cette approche, inédite dans la lutte contre Ebola, intervient alors que les autorités s’efforcent de contenir ce que l’OMS qualifie d’épidémie d’Ebola à la progression la plus rapide jamais enregistrée. Selon les dernières données gouvernementales, des cas ont été confirmés dans six provinces, avec 6 250 infections et 3 039 décès depuis le début de l’épidémie le 15 mai.

Il s’agit de la 17e épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. Elle est causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle il n’existe aucun vaccin ni traitement homologué. Face à la propagation du virus, les autorités sanitaires cherchent des moyens de prédire l’apparition des prochains cas et d’optimiser l’allocation des ressources limitées de surveillance et de riposte. « Les mouvements de population ont toujours été un facteur d’épidémie, mais ils sont particulièrement importants lors de l’épidémie actuelle », a déclaré à Reuters Olivier Le Bouligne, chef de l’unité Épidémiologie et Analyse pour la riposte au sein du Programme de gestion des situations d’urgence sanitaire de l’Organisation mondiale de la Santé. Les évaluations de risques traditionnelles se concentrent sur les foyers épidémiques et supposent que le virus est susceptible de se propager aux zones environnantes. L’analyse des données de mobilité permet d’identifier les risques dans des lieux qui peuvent être géographiquement éloignés, mais étroitement liés par les déplacements.

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« Cela nous permet de comprendre les risques de manière beaucoup plus nuancée », a ajouté M. Le Bouligne, citant l’exemple de la province d’Ituri, dans le nord-est du pays, où l’on pense que le virus a fait son apparition. « Il existe d’importants mouvements de population en Ituri, liés aux activités minières et commerciales. Comprendre ces mouvements est crucial pour comprendre comment le virus se propage », a-t-il poursuivi. L’organisation suédoise à but non lucratif Flominder mène cette analyse à partir d’enregistrements anonymisés générés lorsque les téléphones mobiles se connectent aux réseaux de télécommunications.

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