Dans une déclaration commune publiée à l’issue d’une rencontre entre leurs ministres des Affaires étrangères à Pékin, la Chine et Djibouti ont souligné la nécessité pour tous les États de jouir de la liberté de navigation en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb, exprimant par ailleurs leur préoccupation face à la détérioration de la situation sécuritaire. Djibouti est situé de l’autre côté du détroit de Bab el-Mandeb, face au Yémen. Dans ce pays, les Houthis — soutenus par l’Iran — affrontent les forces gouvernementales appuyées par l’Arabie saoudite, les Houthis cherchent à prendre le contrôle de l’ensemble du littoral yéménite bordant la mer Rouge, ce qui a entraîné des perturbations du trafic maritime.
En 2017, la Chine a officiellement inauguré à Djibouti sa première base militaire hors de ses frontières nationales. Le pays accueille également des bases militaires des États-Unis, du Japon et de la France. La déclaration commune, publiée tôt jeudi, indique que la Chine et Djibouti ont insisté sur l’importance de préserver la liberté de navigation en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb. Elles ont réaffirmé « la nécessité de respecter le droit des navires marchands de tous les États à exercer leurs droits de navigation, conformément au droit international ». Le texte ajoute : « Les deux parties estiment que, dans la gestion et la sécurisation de la mer Rouge, il convient de respecter réellement la souveraineté, l’intégrité territoriale et la volonté des États riverains, tout en évitant toute escalade des risques sécuritaires dans la région ».
La déclaration — relayée par l’agence de presse chinoise Xinhua — précise que la Chine soutient les États riverains de la mer Rouge dans leurs efforts « constructifs » visant à préserver la sécurité et la fluidité des voies de navigation internationales. Le communiqué a également affirmé qu’aucun des deux pays ne souhaite voir les tensions régionales s’étendre à la mer Rouge, insistant sur la nécessité pour les « grandes puissances extérieures à la région » de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale des États de la zone, et de s’abstenir de recourir à la force ou d’imposer des sanctions unilatérales.