L’Angola se tourne une fois de plus vers la Chine pour obtenir un financement massif destiné à la construction d’une raffinerie de pétrole de 4,8 milliards de dollars à Lobito. Ce projet, perçu comme un investissement stratégique, dépasse largement le secteur énergétique, le choix du port de Lobito, sur la côte atlantique, n’est pas qu’une simple décision économique. Il revêt une dimension géopolitique indéniable, compte tenu de sa position centrale au sein d’un corridor logistique que les États-Unis s’efforcent également de soutenir afin de connecter l’Afrique centrale aux marchés mondiaux.
Si le gouvernement angolais présente ce projet comme un moyen d’accroître les capacités nationales de raffinage et de réduire la dépendance aux importations de carburant, la situation géographique de Lobito révèle une autre réalité. La région est le terminus d’une ligne ferroviaire reliant l’Angola à la Zambie, et se prolongeant jusqu’aux zones minières riches en cuivre et en cobalt de la République démocratique du Congo. Elle constitue ainsi une plaque tournante essentielle pour une voie d’exportation alternative qui intéresse Washington, lequel considère cette infrastructure comme un moyen sûr d’obtenir les minéraux indispensables à la transition énergétique.
Cette initiative intervient alors que les prêts chinois à l’Afrique sont en baisse ces dernières années, ce qui rend le retour au financement d’un projet de cette envergure à Lobito d’autant plus significatif. Selon les observateurs, Pékin n’investit pas seulement dans une raffinerie, mais consolide également sa présence à un carrefour stratégique reliant les ressources minérales et les routes maritimes internationales. Les récents développements, notamment le lancement des travaux préliminaires sur la section congolaise du corridor ferroviaire de Lobito, indiquent que la course à l’influence en Afrique s’intensifie à nouveau et que les projets d’infrastructure ne sont plus de simples investissements économiques, mais bien des instruments d’une nouvelle équation géopolitique.