Le gouvernement militaire nigérien a révoqué les concessions de trois sociétés d’extraction et de raffinage d’or, invoquant des violations contractuelles. Il a annoncé la révocation des concessions accordées entre 2017 et 2020 aux sociétés Koumini, Afrior et Icomine, au motif que ces dernières n’avaient pas respecté leurs obligations contractuelles, selon le communiqué officiel, les sociétés ont manqué à des obligations essentielles, notamment le paiement des impôts, la soumission des rapports techniques et financiers annuels et le respect de la réglementation environnementale. Cette décision s’inscrit dans un changement plus large de politique publique sous les autorités militaires nigériennes, qui cherchent à renforcer le contrôle de l’État sur les ressources stratégiques du pays depuis leur prise de pouvoir par le coup d’État de 2013.
Le Niger ne compte actuellement qu’une seule mine d’or industrielle en exploitation, la mine de Samira, nationalisée l’année dernière par la junte militaire dans le cadre de sa volonté d’accroître l’implication de l’État dans le secteur minier. Les autorités ont fait valoir que les accords précédents permettaient aux entreprises étrangères d’exploiter les ressources du pays sans générer de retombées économiques suffisantes pour les communautés locales ni pour le Trésor public. La dernière annonce gouvernementale visait également le secteur pétrolier, les autorités ayant rejeté la demande de la compagnie énergétique britannique Savanna Energy d’étendre son permis d’exploration et de forage dans le sud-est du pays.
Depuis sa prise de pouvoir par le coup d’État de 2023, le gouvernement nigérien a pris des mesures pour renforcer le contrôle de l’État sur les ressources stratégiques du pays. Le gouvernement a affirmé que la compagnie n’avait pas respecté les termes d’un accord de partage de production portant sur quatre gisements pétroliers du bassin du Rift de l’Agadem. Le Niger est un important producteur d’uranium, d’or et de pétrole en Afrique de l’Ouest – des ressources qui attirent depuis longtemps les entreprises étrangères, mais qui alimentent également un débat national persistant sur le partage des revenus et les bénéfices pour la nation. En révoquant les concessions minières et en renforçant le contrôle sur les ressources pétrolières et aurifères, le gouvernement indique que les richesses naturelles du pays seront de plus en plus gérées dans le but explicite d’accroître les recettes nationales et de consolider la souveraineté économique.