Politique

Le président malgache limoge le Premier ministre et l’ensemble du gouvernement

Le président intérimaire de Madagascar, le colonel Michael Randrianireina, a annoncé la dissolution du gouvernement et la limogeage du Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo, une décision surprise prise quelques jours seulement après avoir soumis le calendrier de transition à la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Randrianireina a pris le pouvoir dans cette nation insulaire de l’océan Indien à la suite de manifestations menées par la jeunesse qui ont contraint son prédécesseur, Andry Rajoelina, à la démission. Cette décision intervient dans un contexte de pressions politiques et publiques croissantes sur le gouvernement intérimaire, dont l’action et la lenteur à répondre aux revendications populaires sont de plus en plus critiquées.

La capitale, Antananarivo, a connu une escalade des tensions politiques ces derniers jours, la dissolution du gouvernement étant perçue comme un tournant majeur dans le paysage politique du pays. Dans un bref communiqué publié le lundi 9 mars, Randrianireina a annoncé la cessation des fonctions de l’ensemble du gouvernement, sans fournir d’explication officielle. Cependant, les observateurs estiment que cette décision reflète une tentative du pouvoir exécutif de contenir la vague croissante de protestations et de critiques à l’encontre du gouvernement de transition. Ces derniers jours, les organisations de jeunesse ont intensifié leurs actions, exprimant leur colère face à la lenteur des réformes. Cette colère était manifeste lors des rassemblements de jeunes au stade Baria de Mahamasina, où de nombreux jeunes, notamment des millennials et de la génération Z, ont manifesté pour exiger des changements politiques concrets.

Ces mouvements ont également lancé un ultimatum à la Première ministre, exigeant sa démission et la dissolution du gouvernement. Les préoccupations ne se limitent pas aux manifestations de jeunes. Une large coalition d’organisations de la société civile, dans une déclaration publiée le 18 février, a exprimé ses craintes quant au manque de transparence dans la gestion de la période de transition, mettant en garde contre la dérive autoritaire du gouvernement actuel. La décision de dissoudre le gouvernement intervient à un moment politiquement délicat, car les autorités avaient présenté, le 28 février, à la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) une feuille de route sur deux ans pour la restructuration des institutions étatiques, sollicitant ainsi un soutien régional pour le processus de transition.

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