La diaspora sénégalaise, qui compte environ 700 000 personnes, est un pilier de l’économie sénégalaise, les transferts de fonds représentant près de 10 % de son PIB. Au cours des 25 dernières années, ces transferts sont passés de 218 millions de dollars en 2000 à près de 3,6 milliards de dollars en 2025. Cependant, la majeure partie de ces fonds est utilisée pour la consommation des ménages, tandis que les investissements dans des projets productifs restent limités. Confrontées à un niveau d’endettement élevé et à une pénurie de logements d’environ 500 000 unités, les autorités cherchent à orienter ces fonds vers l’investissement, notamment par la création d’un fonds immobilier dédié à la diaspora, afin d’en faire un moteur de croissance économique.
Parallèlement, la Côte d’Ivoire continue de consolider sa position de destination d’investissement de premier plan en Afrique subsaharienne. En février 2026, le Sénégal a levé avec succès 1,3 milliard de dollars grâce à une obligation internationale (euro-obligation) à un taux d’intérêt de 5,39 %, attirant environ 270 investisseurs. Cette performance repose sur une forte croissance économique, projetée à 6,5 % en 2025 et à 6,7 % en 2026, avec un niveau d’endettement de 59,3 % du PIB, et sur le relèvement de sa notation de crédit à BB par Fitch Ratings.
Le pays a également diversifié ses sources de financement en émettant 50 milliards de yens d’obligations « Samurai » à Tokyo en 2025, contribuant ainsi à une hausse des investissements directs étrangers, passés de 720 millions de dollars en 2020 à 3,8 milliards de dollars en 2024, notamment dans le secteur agroalimentaire. Ainsi, ces deux expériences illustrent deux trajectoires contrastées : les efforts du Sénégal pour mobiliser sa diaspora en faveur de l’investissement, face au succès de la Côte d’Ivoire pour attirer les capitaux étrangers et renforcer son attractivité économique.