Economie

Voitures électriques rechargées au diesel : le rêve nigérian compromis par 48 bornes de recharge

Le Nigeria encourage ses citoyens à adopter les véhicules électriques grâce à d’importantes exonérations fiscales et douanières. Cependant, ces véhicules, censés être les fers de lance de la transition écologique, se retrouvent parfois branchés sur des générateurs diesel en raison d’un réseau électrique fragile et d’une pénurie de bornes de recharge. Selon des données gouvernementales consultées par Reuters, les autorités ont accordé des allégements fiscaux à environ 4 000 véhicules électriques au cours du premier semestre 2026, dans le cadre de la première phase d’un nouveau programme visant à encourager les transports propres et l’assemblage local. Le plan de transition énergétique, approuvé en 2022, ambitionne de porter la part des véhicules électriques à 60 % du parc automobile national d’ici 2050, alors qu’elle atteint actuellement à peine 1 %, selon les concessionnaires.

Or, la réalisation de cet objectif repose sur un réseau électrique qui ne produit qu’environ 4 000 mégawatts pour alimenter plus de 200 millions d’habitants, un niveau qui place le Nigeria parmi les grandes économies les plus faibles du monde en termes d’électricité par habitant. Le Nigéria, pays le plus peuplé d’Afrique, ne compte qu’une quarantaine de bornes de recharge publiques, selon une note d’orientation publiée fin 2025, la plupart étant concentrées à Lagos et dans la capitale, Abuja. À titre de comparaison, l’Afrique du Sud dispose de plus de 500 bornes de recharge, malgré une population inférieure au tiers de celle du Nigéria.

Le plan nigérian vise à atteindre une soixantaine de bornes d’ici 2030, un chiffre qui reflète la nouveauté du marché, mais qui reste insuffisant si le gouvernement souhaite convertir des millions de véhicules à l’électrique.

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Actuellement, la plupart des propriétaires rechargent leur véhicule à domicile à l’aide de câbles portables branchés sur des prises standard. En cas de coupure de courant, ils utilisent les générateurs à essence ou diesel, largement répandus dans les foyers et les entreprises. Certaines stations de recharge, concessions automobiles et centres d’échange de batteries ont également recours à des générateurs de secours, créant ainsi le paradoxe de brûler des énergies fossiles pour alimenter un véhicule conçu principalement pour réduire les émissions.

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