Economie

Malgré les coupures d’eau, d’électricité et d’Internet, le régime algérien continue de fabriquer des rapports de toutes pièces

Il semble que nous nous soyons réveillés ce matin non pas pour faire la queue comme à l’accoutumée, mais pour découvrir soudainement que nous basculons dans le monde numérique à la vitesse de la lumière, alors même que nos pieds restent enlisés dans la boue des crises quotidiennes les plus élémentaires. Comment un pays — où le courant se coupe avant même qu’un citoyen n’ait fini de regarder une courte vidéo et où le réseau sature à la moindre affluence lors d’un match de football — peut-il enchaîner les rapports élogieux et devancer les capitales modernes en matière d’Internet et de technologie ? Oui, c’est une véritable parodie que vit le citoyen ordinaire au quotidien : les médias officiels annoncent une chose, tandis que la douloureuse réalité s’obstine à affirmer tout le contraire.

Il est véritablement stupéfiant de voir ces « exploits sur papier » relayés par certains médias, vantant une supériorité imaginaire en matière de vitesse et de qualité d’Internet par rapport à des capitales mondiales dotées d’infrastructures numériques depuis des décennies. Pourtant, la réalité sur le terrain dans notre pays sinistré dresse un tableau honteux de cette « Algérie des défis » : à chaque événement sportif ou culturel, la connexion s’effondre et trouver un réseau stable devient une mission impossible, tant pour les visiteurs que pour les citoyens. Mais ne nous arrêtons pas à l’écran ; la situation globale est encore plus surréaliste, comment parler de bond technologique digne des pays développés alors que nous menons encore des batailles quotidiennes archaïques, faisant la queue pendant des heures pour du lait ou de la semoule ?

  Le président algérien Tebboune possède un visage d'acier qui lui permet de mentir sans vergogne

Comment évoquer la 5G et les services de cloud alors que l’électricité s’octroie régulièrement des pauses quotidiennes à travers la République, et que la pénurie d’eau s’installe comme une invitée indésirable et persistante durant la majeure partie de l’année ? Habiller la réalité d’un vernis numérique par la propagande des militaires, en l’absence d’infrastructures de base, revient à installer un écran de cinéma ultra-haute définition sur le mur d’une maison menaçant de s’effondrer à tout moment. C’est une tentative d’embellir une Algérie blessée avec des nouvelles dérisoires, donnant au citoyen l’impression que ces publications décrivent un pays autre que celui où il vit. La question demeure : qui le régime des généraux cherche-t-il à tromper avec ces bulles médiatiques ?

La véritable vitesse d’Internet n’est pas celle, mesurée en mégabits, qui figure dans des rapports papier déconnectés de la réalité ; c’est plutôt la rapidité avec laquelle l’État répond aux besoins fondamentaux de ses citoyens — eau, électricité et conditions de vie dignes. En attendant que les chiffres des rapports rejoignent la réalité du terrain, nous continuerons à sourire et à accueillir ces « miracles » avec une bonne dose d’ironie, tout en espérant que la technologie apportera un jour une solution à ces files d’attente interminables.

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