La Banque mondiale a averti que les défis liés à la gouvernance entravent de plus en plus les perspectives du Kenya en matière de croissance plus rapide et plus inclusive, soulignant que la corruption constitue le principal obstacle. Dans la 34e édition de son rapport semestriel intitulé « Actualités économiques du Kenya » (*Kenya Economic Update*), publié hier mercredi, la Banque mondiale indique que les défis en matière de gouvernance limitent de plus en plus les perspectives du Kenya d’atteindre une croissance plus rapide et plus large, la corruption étant « le principal obstacle ».
La Banque précise, dans ce même rapport, que les performances du Kenya se situent dans la moyenne pour la plupart des indicateurs de gouvernance, comparativement à la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne. Toutefois, la lutte contre la corruption demeure une faiblesse majeure, quel que soit le groupe de pays comparateurs pris en référence. Selon ce que le rapport qualifie d’« estimation minimale », la corruption et la collusion ont creusé le déficit budgétaire annuel de deux points de pourcentage du produit intérieur brut (PIB), en raison de la hausse des coûts des investissements et des marchés publics, ainsi que d’une collecte insuffisante des recettes. La Banque souligne que cela « se traduit par des besoins d’emprunt supplémentaires importants qui s’accumulent au fil du temps ».
Elle ajoute que « les risques liés à la corruption contribuent à renchérir le coût de l’emprunt » par le biais d’une « prime de gouvernance » — un surcoût appliqué à la dette souveraine en raison des risques d’instabilité et de défaut de paiement. Le rapport estime qu’une réduction de 10 % du gaspillage dans les dépenses liées aux marchés publics permettrait de diminuer les dépenses pour l’exercice financier 2026/2027 d’environ 120 milliards de shillings (soit près de 930 millions de dollars). En tenant compte d’une éventuelle augmentation de l’impôt sur le revenu des particuliers et d’une baisse des charges liées à la dette, les économies pourraient atteindre 192,8 milliards de shillings (environ 1,48 milliard de dollars) par an, ce qui représente près de 18 % du déficit prévu pour cette année-là.