Une cour martiale en République démocratique du Congo a entamé le procès de 124 militaires et policiers accusés de « désertion » et de « désobéissance aux ordres pendant le combat », sur fond des événements ayant accompagné la prise de la ville d’Uvira par l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), située dans la province du Sud-Kivu, à l’est du pays, début décembre. Les audiences se tiennent devant la cour martiale de la garnison de Kalemie, dans la province voisine du Tanganyika, où les sessions itinérantes ont débuté le vendredi 19 décembre à l’intérieur du camp militaire « Marine ».
Plus d’une centaine d’éléments des forces de défense et de sécurité comparaissent devant la cour, dont 66 soldats et 55 policiers, accusés d’avoir abandonné leurs positions à Uvira lors de l’attaque lancée par les forces de l’Alliance des forces pour le changement/Mouvement du 23 mars, et d’avoir fui en bateau vers d’autres zones. Selon les éléments présentés lors de l’audience, certains soldats ont tenté, sous la direction de leur commandant, de se diriger vers l’axe Fizi–Baraka, tandis que d’autres ont choisi de se retirer sans ordres directs. La majorité des accusés ont été arrêtés dès leur arrivée à Kalemie, située à plus de 360 kilomètres d’Uvira, tandis qu’un nombre limité reste en fuite.
Lors de la première audience, consacrée à la vérification des identités des accusés, des sources judiciaires ont indiqué que la cour n’a pu identifier formellement qu’un peu plus de la moitié des prévenus. Le procureur militaire a expliqué que ce procès vise à adresser un message disciplinaire et dissuasif à tous les éléments des forces de défense et de sécurité, soulignant la nécessité d’un respect strict de la hiérarchie et des ordres militaires, même dans les conditions de combat les plus difficiles. Le procureur militaire a souligné que les accusés, selon la version de l’accusation, ont abandonné leurs positions sans instructions officielles, au moment où les forces gouvernementales subissaient une forte pression militaire de la part des combattants du M23, ce qui exigeait cohésion et discipline plutôt que le retrait.