La présidence guinéenne a annoncé, mardi, que la cérémonie d’investiture du président Mamady Doumbouya aura lieu le 17 janvier, à la suite de sa victoire écrasante aux élections présidentielles visant à achever le retour à l’ordre constitutionnel après quatre ans de coup d’État qui l’avait porté au pouvoir. La présidence guinéenne a indiqué, dans un post sur sa page Facebook, que la cérémonie se déroulera au stade Lansana-Conté, en périphérie de Conakry. Le général Doumbouya a été élu pour un mandat de sept ans lors des élections du 28 décembre, remportant une victoire écrasante avec 86,72 % des voix, face à des concurrents relativement faibles.
Ce leader putschiste, qui dirige la Guinée d’une main de fer depuis le coup d’État de 2021, a gagné des élections taillées sur mesure pour lui sans même mener de campagne électorale. Il apparaît rarement en public et, ces dernières semaines, le chef de l’État ne s’est exprimé que via des vidéos préenregistrées. Des figures majeures de l’opposition en exil ont été exclues des élections, dans un contexte de recul des libertés dans le pays. À l’approche du scrutin présidentiel, Mamady Doumbouya, lors de ses rares apparitions publiques, a troqué son uniforme militaire camouflé et son béret rouge habituel contre des vêtements civils, toujours entouré de ses hommes des forces spéciales dont il est issu.
En septembre 2021, le colonel Mamady Doumbouya, à la tête de ces forces, avait pris d’assaut le palais présidentiel et renversé le président élu, Alpha Condé. Il avait alors promis qu’il ne se présenterait pas, ni aucun membre du conseil militaire, aux élections à la fin de la période transitoire. Le général Doumbouya, candidat présidentiel indépendant, a bénéficié du soutien d’un mouvement portant les initiales de son nom, le « Génération pour la modernité et le développement » (GMD). Les États-Unis, la France et la Chine ont félicité Doumbouya pour sa victoire, depuis le début du règne du conseil militaire, une atmosphère de répression plane sur la Guinée.