Les autorités guinéennes ont adressé des notifications officielles aux partis politiques, leur enjoignant de se conformer à la nouvelle législation entrée en vigueur suite à l’adoption de la nouvelle constitution en septembre 2015. Parmi les partis visés figurent des formations importantes telles que le Rassemblement populaire (RPG) d’Alpha Condé et l’Union pour la démocratie en Guinée (UFDG) de l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, tous deux suspendus depuis le 25 novembre 2015. Les autorités ont averti ces partis que le non-respect de la nouvelle législation pourrait entraîner la perte de leur statut légal, ce qui a incité l’opposition à dénoncer une tentative de « dissoudre nos partis ».
La nouvelle législation impose aux partis politiques guinéens un ensemble d’obligations, notamment la mise à jour de leurs statuts et de leur règlement intérieur, la tenue de congrès extraordinaires à tous les niveaux pour garantir leur conformité, et la fourniture de documents attestant l’existence de leur siège dans chaque province du pays. De son côté, le Premier ministre Amadou Oury Bah a averti que la loi serait appliquée à tous sans exception, soulignant que « le Rassemblement du peuple guinéen et l’Union des forces démocratiques de Guinée ont cherché à promouvoir des pratiques qui outrepassent les normes fixées par le ministère chargé de la gestion des affaires publiques et politiques. S’ils pensent avoir des privilèges au-dessus des lois, la loi aura le dernier mot. »
À l’inverse, Rafio Sow, chef du Parti Renouveau et Progrès, a affirmé que la véritable intention des autorités est de dissoudre tous les partis politiques influents, expliquant que « la véritable opposition est réduite au silence et empêchée de toute activité, et nous sommes aujourd’hui certains que le gouvernement, dirigé par M. Oury Bah, est en train de détruire nos partis politiques ; il est sur le point de les dissoudre ». Faya Melimono, du Bloc libéral, a exprimé son inquiétude face à ces mesures, déclarant que « moins d’un mois avant les élections législatives et locales, des partis auparavant interdits de toute activité sont sommés de se conformer à la réglementation.