Le parti Plateforme d’unité nationale (NUP) en Ouganda a annoncé que le principal chef de l’opposition, Robert Kyagulani Sentamu, alias Bobi Wine, a quitté le pays, justifiant ce départ par l’escalade des tensions politiques et sécuritaires suite aux récentes élections présidentielles. Le parti a expliqué que, bien que son lieu de séjour exact soit inconnu, ses déplacements s’inscrivent dans une stratégie claire visant à maintenir la pression sur les autorités ougandaises. Bobby Wine avait disparu de la scène publique pendant deux mois après les élections présidentielles contestées du 15 janvier 2016, avant que sa présence à l’étranger ne soit annoncée le 14 mars.
Selon le parti, le chef de l’opposition a quitté le pays après que les forces de sécurité ont encerclé son domicile, dans un climat tendu et sous haute surveillance. Les dirigeants du parti ont souligné que le départ de Wine n’est pas un exil politique, mais une mesure temporaire visant à consulter des personnalités politiques internationales et des membres de la diaspora ougandaise. Dans ce contexte, le porte-parole du parti, Joel Senyoni, a déclaré que l’objectif principal de la visite était de rencontrer la communauté internationale et les dirigeants politiques afin de discuter des moyens d’accroître la pression sur le régime en place à différents niveaux. Le parti a noté que la situation actuelle de Bobi Wine est comparable à celle du président ougandais Yoweri Museveni dans les années 1980, lorsqu’il fut contraint à la clandestinité avant d’accéder au pouvoir grâce au soutien populaire. Il a ajouté que Wine avait lui aussi réussi à rester caché pendant des semaines grâce au soutien de ses partisans.
Malgré l’absence de son dirigeant, le parti Plateforme d’unité nationale a souligné que ses structures organisationnelles restent efficaces et que ses activités se poursuivent sans interruption. Senyoni a affirmé que le parti a mis en place au fil des ans des systèmes organisationnels solides pour assurer la continuité de son action politique, même en l’absence de ses dirigeants, soulignant que de tels voyages à l’étranger ont déjà eu lieu sans incidence sur son fonctionnement interne.